‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 144 sur 344 · UL1V.V. CH.VII. EN QUOI LE TRAITÉ EST PEU AVANTAGEUX A LA PRANGB · texte numérisé non relu

UL1V.V. CH.VII. EN QUOI LE TRAITÉ EST PEU AVANTAGEUX A LA PRANGB

porté sur le traité du 24 mai 1 596 deux jugements opposés, et tous deux justes cependant; diaprés le point de vue différent sous lequel ils Font considéré. Les uns n'ont vu que la médiocrité des secours qu'il procura directement à la France , et l'inexécution ultérieure du pacte en ce qui concernait la levée et l'union de trois armées confédérées, l'attaque à forces conjointes de Philippe II dans les Pays-Bas, l'ahaissement de l'Espagne, la grande guerre. Ceux-là ont déclaré que l'alliance s'était faite à des conditions bien peu avantageuses pour notre pays;- « que la ligue offensive et défensive entre les royaumes de France et d'Angleterre avait eu plus de réputatioti que d'effet *. » Les ambassadeurs ont relevé à juste titre l'importance et l'utilité du traité à d'autres égards. Après avoir signalé le redoutable danger auquel aurait'été exposée la France, si elle s'était trouvée abandonnée de l'Angleterre et de la Hollande, au plus mauvais moment de sa lutte contre l'Espagne, ils ajoutent :

Pour parer à ce coup, il n'y avait autre remède que d'obliger la reine d'Angleterre à la guerre contre le roi d'Espagne, à quoi ou ne l'avait encore jamais pu faire résoudre. Par ce moyen, on l'a obligée au secours de la France.

On a fait connaître à ceux de Hollande qu'ils seront aidés et soutenus par ces deux puissants voisins, la France et l'Angleterre *. Outre cela, on a fait que la reine d'Angleterre, qui ne l'avait point jusques aujourd'hui voulu permettre, a consenti que ceux des États de Hollande et de Zélande, qui sont en sa protection, s'unissent â la France, et secourent le roi de tout ce qu'ils pourront.

En ce faisant , on a fait entendre au roi d'Espagne qu'il ne peut espérer d'attaquer la France seule.

Par là aussi, et par l'espérance de ce secours , les provinces affligées, qui désespéraient de pouvoir être garanties par la force de la France, se sont rassurées.

* Sancy, Discours sur Toccurr. de ses affaires, p. 205.

* De Thou, dans son livre GXVI, coulrùle et complète le témoignage des ambassadeurs au sujet des HoUandcds. Voir la citation de son texte ci-deasus, page 241.

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