‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 146 sur 344 · PERTES DES ESPAGNOLS PROPOSITION DES HOLLANDAIS REJETEE · texte numérisé non relu

PERTES DES ESPAGNOLS PROPOSITION DES HOLLANDAIS REJETEE

Anglais à la somme de 2 millions d'écus ou 6 millions du temps, environ 24 millions du nôtre : la rançon échappa aux vainqueurs, et les denrées furent perdues {K)ur les marchands réduits au désespoir. Le nombre total des bâtiments brûlés était de soixante-et-onze*. Les Hollandais, entrant dans les idées du roi, voulaient convertir l'incursion en invasion. Ils demandaient avec instance qu'on profitât de ce premier succès ; qu'on attaquât San- Lucar à l'embouchure du Guadalquivir; que par l'occupation de cette place, l'on invitât les Maures à s'unir aux confédérés, que Ton remplaçât les ravages et les destruclions par l'invasion, afin de mettre l'Angleterre et la Hollande à couvert, en portant la guerre dans le cœur de l'Espagne. Le comte d'Essex embrassa ce projet avec ardeur, mais en vain. Les Anglais ne voulaient qu'une chose, accroître le butin dont ils étaient déjà 'chargés, et le mettre en sûreté. Ils trouvèrent dans l'amiral Howard un chef docile à leur désir, soit qu'il craignit pour eux l'influence du climat et les maladies, soit qu'il redoutât une révolte de leur part. En s'éloignant de Cadix saccagé, les Anglais cinglèrent vers les côtes du Portugal, alors soumis à la domination espagnole, débarquèrent dans r Algarve le 28 juillet, prirent et pillèrent Faro, puis quel- ({ues autres villes sans défense de l'intérieur des terres. Ces exécutions terminées, ils appareillèrent pour le retour au milieu d'août, et rentrèrent dans leur patrie au com-

1 Camden, part. IV, p. 675, édit. de 1625; Ferreras, XV» partie, t. X, seconde moitié, p. 104 105; Timauus, 1. CXVI, § 15, t. V, p. dfl ; Meteren, Hii»t. des Pays-Bas, 1. XVU, fol. 388 reclo ; Rapiu de Tlioyras 1. XVII, t. Vil, p. 488, 489, fournissent le chiffre détaillé et exact des vaisseaux de guerre perdus par les Espagnols, et P. Cayet, celui des vaisseaux marchands. 11 dit, 1. Vill, p. 744, au sujet des navires marchands : a Les marchands composèrent pour les marchandises qui u estoient dans les n ivires, à la somme de deux millions d'escus. Mais » il vint mandement du duc de Mediua-Sidouia de brûler tous les » vaisspaux, ce qui fut iucontiupnt exécuté Trente-deux navires chargés

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mencement àe septembre. Depuis huit ans qu'il avait commencé les hostilités contre l'Angleterre et la France, Philippe^ pour la première fois, était attaqué en Espagne, au centre même de sa monarchie. Le marché le plus important du commerce de ses sujets, était ruiné : une portion de sa marine militaire avait été détruite : il avait souffert en outre un préjudice estimé par les Anglais à 20 millions du temps, près de 80 millions d'aujourd'hui. Un coup sensible avait donc été porté à sa réputation et à sa puissance. Mais l'atteinte n'était pas assez px>fonde pour affecter encore l'ensemble de ses ressources^ pour déconcerter ses plans, pour le faire renoncer à ses desseins, et particulièrement à l'invasion de l'Angleterre. C'est ce que démontrèrent les événements dans les deux mois qui suivirent, et dans le cours de l'année 1597.

Henri espérant un genre de guerre tout autre et {urochain, suivit ses alliés dans celui des incursions qu'ils faisaient alors, et ajouta aux donunagesâu roi catholique eu attaquant une autre partie de la monarchie espagnole. Par son ordre, le nouveau maréchal de Bhron parcourut et dévasta trois fois l'Artois, entre le 1" septembre et le 1 3 octobre, avec une partie du corps d'armée qu'il avait reçu pour la défense de la Picardie. La première course dura huit jours. Biron vainquit dans un combat le marquis <ie Narambon, gouverneur espagnol de la province, le fit prisonnier et l'envoya à Paris. Cette défaite donna une terrible alarme pour tout le pays d'Artois, et le livra I)Our quelque temps sans défense aux Français. Ils se répandirent dans le comté de Saint-Paul, emportèrent et pillèrent la ville de Saint-Paul et quelques autres villes sans défense, enlevèrent des campagnes tout ce qui valait la

» (le riches marchandises et d'un prix inestimable furent tons brû- » lAs. » Il mentionne ensuite formellement le .désaccord entre le crimte d'Kssex et Tnmiral Howard.

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