‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 153 sur 344 · LE ROI RÉSOUT DE POURVOIR EN GRAND AUX BESOINS PUBLICS. S · texte numérisé non relu

LE ROI RÉSOUT DE POURVOIR EN GRAND AUX BESOINS PUBLICS. S

ne combattit victorieusement ce vol qu'en produisant quatre bordereaux conservés par lui à Tinsu de ses ennemis, dressés pendant sa visite des généralités, et signés par les receveurs-généraux des deux dernières années. Le roi resta maître des sommes qui lui appartenaient, et les appliqua aux préparatifs du siège d'Arras, qu'il projetait depuis quelque temps *.

Mais Rosny n'avait introduit un commencement de réforme que dans quatre recettes générales, et l'argent qu'il avaitramassé était à peine un expédient pour les besoins d'un moment et pour une entreprise particulière. Il fallait des ressources bien autrement étendues et durables, si l'on voulait terminer honorablement pour la France la guerre dangereuse et prolongée qu'elle soutenait contre TEspagne ; si l'on prétendait fourniV aux dépenses des divers services publics, la plupart interrompus. Même après le premier effort de Rosny , les contemporains représentent les affaires de Henri comme réduites encore à l'extrémité, et les moyens les plus violents comme indispensables à leur rétablissement *. On ne pouvait trouver de ressources que dans la réforme et l'amélioration des branches de revenus publics déjà existants , et dans l'établissement au moins temporaire de nouveaux impôts. Pour opérer les réformes dont le salut de l'Etat dépendait, mais qui depuis sept ans défiaient et déjouaient tous les efforts, tant le mal était profond^ le roi devait aider et doubler

* Pour ces cinq paragraphes^ Sully, CEcon. roy., ch. 67, 68, 69, 1. 1, p. 2i4-2S5. — Lettre du roi du 17 octobre 1596, prouvant que, dès cette date, Rosny est entré au conseil des finances et a été chargé de visiter quatre recettes générales. (Lettres miss., t. IV, p. 650.)

* La Force, lettre à sa femme du 2 janvier 1597. 11 rappelle quel a été Tétat des finances dans le cours des derniers mois, et il dit : «On craint » que les Notables veuillent retarder tous les payements pour un au M ou deux, afin de relever les affaires du roy, car on s'est trouvé tout » à coup à l'extrémité.» (Mém. de La Force, t. 1, p. 280.) On va voir que les Notables furent contraints d'adopter cette mesure.

9B0 UY. ▼. ai. Tin. n. eccourea ad coNBcimafEirr hatkhcal.

en quelque scnrte son autorité de Fanlorité de la* France eUe-même, du concours d'une assemblée nationale. Pour établir de nouveaux impôts , Tassentiment et le vote de cette assemblée étaient l^alement indi^nsables, d'après les lois anciennes de la monarchie, d'après l'axiâme de notre droit public, respecté par Henri, proclamé par ses nSnistres : « que les levées de deniers pour produire bien » et jamais mal, ne dévoient se faire que par le commun » consentement des peuples qui les payoient ^ » Aussi avait-il dès le mois de juillet résolu la tenue de cette assemblée, qu'il avait d'abord assignée à Gompiègne, et qu'il convoquait maintenant à Rouen.

Si la guerre et les finances étaient forcément , dans les circonstances où l'on se trouvait, la principale préoccupation du roi, elles étaient loin d'être la seule. Il méditait dès lors la réforme générale de l'État, la régénération de la France ; et dans les travaux administratifs qu'il avait résolu d'entreprendre, il voulait s'aider des avis et de l'expérience des représentants des divers ordres et des diverses provinces de la France, apportant l'expression des besoins et des vœux de leurs commettants, comme il entendait se servir de leur concours et de leur autorité pour le rétablissement de la fortune publique. C'est ce qu'il annonce formellement dans la circulaire adressée aux députés qui doivent composer cette assemblée. Il leur déclare qu'il est résolu de remédier aux désordres que le dernier règne a légués au sien , que la guerre civile et étrangère a entretenus, et il ajoute « que la mort lui sera » moins dure qu'il ne lui est de vivre et de souffrir plus » longuement les misères dont le royaume est accablé *. » n leur prescrit de se mettre en rapport, avant de partir,

* Sully, GEcon. roy., ch. 186, l. Il, p. 263.

> Circulaire du roi du 25 juillel 1596 dans les Lett. misa., t. IV, p. 621. Noua ne conâervona paa Vorthographe du temps.

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