‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 155 sur 344 · LE ROI SE DÉCIDE POUR UNE ASSEM. DE NOTABLES : SES RAISONS · texte numérisé non relu

LE ROI SE DÉCIDE POUR UNE ASSEM. DE NOTABLES : SES RAISONS

le pouvoir. L'autorité de Henri FV était trop récemment reconnue par la moitié du royaume, trop mal affermie, pour qu'il pût convoquer des États-généraux sans s'exposer à compromettre la paix et Tordre public à peine renaissants. Le plus libre et le plus hardi des contemporains, d'Aubigné, ne laisse aucun doute à cet égard. Après avoir annoncé l'assemblée des Notables, il ajoute : « Les troubles qui n'estoient pas esteinls par la France, » nepermettoientune plus grande convocation ; les cœurs » des peuples n'estoient pas encore assez ployez, à l'obéis- » sance, comme il parut par les esmotions qui sur- » vinrent *. » Le roi, en conséquence, se décida pour une assemblée de Notables. Mais d'une part, cette assemblée n'était que le prélude des États-généraux, dont la convocation-était annoncée pour une époque rapprochée ; d'une autre, Henri voulut qu'au lieu d'être réduits à rabaissement et à la nullité où les avait tenus Henri II, les Notables fussent élevés à la dignité des I^tats-généraux, saisis de leurs droits et prérogatives. On sera peut-être bien aise de trouver ici la preuve de l'exactitude de tout cet exposé, et l'expression des intentions âe Henri dans ses propres paroles :

f Nous vous prions de vous infonner... de ce à quoy il est besoing de pourveoir pour establir un bon et asseuré repos , et aussy de ce dont nous pourrons eslre secoureus. afiBn que nous ayons moyen d^empescher les désordres qui se voyent maintenant en ce royaulme, et de résister par la force aux forces et desseings de nos ennemys. »

fl 11 faudra adviser où se pourra recouvrer ailleurs ce qui ne se trouve en nos finances, voulant espérer que tous nos bons subjeets se disposeront volontiers â nous accommoder pour un temps qoel-* conque de quelque petite parlie de leurs moyens, pour sauver le surplus, avec leur patrie, de la conservation de laquelle despend celle de leurs honneurs, de leur vie, de leurs femmes et de leurs enfants. Ce

* D'Aubigné, l. IV, c. 14, t. lU, p. 382, éd. 1620. — Legrain, Décade, l. Yl, p. 320.

Page 1