ASSEMBLEE DES NOTABLES A ROUEN : DISCOURS DU ROI
et à diverses reprises sur la situation et les besoins de leurs villes et de leurs provinces respectives, afin d'opérer ou de. préparer les réformes nécessaires. Groulart l'entretint quatre heures, en deux fois, décrétât de Rouen et de la Normandie*.
Les Notables comparurent à Rouen au nombre de quatre-vingts : neuf du Clergé, dix-neuf de la Noblesse, cinquante-deux du Tiers-Etat. Le plus grand nombre était donc de beaucoup du côté du Tiers-Etat, et dans cet ordre, la majorité appartenait aux Parlements et aux autres cours souveraines. Le roi ouvrit leur assemblée, le 4 novembre 1596, par un discours qui est dans le souvenir de tous les bons citoyens. « Si je voulois, dit-il, » acquérir le titre d'orateur, j'aurois.appris quelque belle » et longue harangue, et je vous la prononcerois avec » assez de gravité. Mais, messieurs, mon désir me pousse » à deux plus glorieux titres, qui sont de m'appeler libé- » rateur et restaurateur de cet Etat. Pour à quoi parve- » nir je vous ai assemblés. Vous savez à vos dépens, » comme moi aux miens, que lorsque Dieu m'a appelé à » cette couronne, j'ai trouvé la France non seulement » quasi ruinée, mais presque toute perdue pour les » François. Par la grâce divine, par les prières et par » les bons conseils de mes serviteurs qui ne font prof es-, o sion des armes ; par l'épée de ma brave et généreuse » noblesse, de laquelle je ne distingue point les princes, Y> pour être notre plus beau titre, foi de gentilhomme ;
> par mes peines et labeurs, je l'ai sauvée de la perte. » Sauvons-la à cette heure de la ruine. Participez, mes » chers sujets, à cette seconde gloire, comme vous avez
> fait à la première. Je ne vous ai point appelés,
^ Groulart, Voyages en cour,.ch. 1, t. XI, p. 562 B, 564 A, coUect. Michaud. — Le Graiu, Décade, 1. VI, p. M9. « Le Roy se rendit le » premier à Rouan. »
tJO UT. T. Ol. EL. EXPOSÉ K LA SlfTATM»! rAft U CSAICILUR.
» comme fûsoîmt mes préiiêcesseurs, poor vous faire 9 approQTer leurs Toloolés. Je tous ai fût assembler » poor reteroir tois eonsok , poor les croire, poor les » smvre. bref^ poor me mettre en tolelle entre tos » mains, enrie qui ne preml snère ^ux rois, anx baibes » grises et aux TÎdorieox. Mais la riolenle Imour que je » porte i mes sujets^ Textrème enTÎe que j*ai d^ajonter » ces deux beaax titres à cefan de roi, me font tnmTer » tout aisé et hûoonble *. »
Le chancelier pril ensuite la parole poor développer et exptifpoKr les intentions da roi , et poor adresser des propositions à rassemblée. Dus la pnnûère partie, il conriait les Notables a étn&r et à exposer an gonvemement les mesures qnlk jogeraîent les pins propres i réarmer rÉtat. Dans la seconde, il ne s*occnpait que dn danger présmt et des moyei» de le conjurer. D s^a^issait cie trouver sans reiurd les sommes nécessaires an rn pour résister i Fétranger ^ et préserrer le rmaume de Finra- ^on de FEspagnol. déjà maître des vilks frontières. Le domaine du roi était entièrement «gagé ; son crédit chez ses alliés, la reine d^Anglet^re. les Hollandais, les Suisses, les princes d\\llemagne, était tout à tait épuisé, et il ne fallait pas compter sur eux pour de nouveaux emptunts. Il était donc nécessaire de tirer de la nation Fargent dont on avait besoin. Le roi connaissait la profonde misère du peuple et en gémissait : aussi suppbait-41 les Notables de cboisir parmi les mesures à adopter celles qui lui seraient le mc4ns pesantes, qui étendraient les charges à tous les ordres indistinelement ., qui permet-
> Ce di:âcoarsv imprink» ea d«>niier Ueu sor ron^tnal ians Les Lettre» iiKsàT«^, L IV, p. <>5r. <^3i$« je troaT« dti'iÀ compI«*t <;t par «kf toote alfcèratioa dans P. Cajvt, L VllL p. T;^ 7»T. et diios b» SIml «ie U lisiK, L vu p. Vi\. fhrtoot aîli^im il est troo^^ et 4itei^. N«mk