‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 177 sur 344 · SES DÉMARCHES AUPRÈS DE LA FRANCE ET DE L'ESPAGNE · texte numérisé non relu

SES DÉMARCHES AUPRÈS DE LA FRANCE ET DE L'ESPAGNE

ne demandassent qu'à la persuasion de ramener les dissidents.

Clément YIII avait activement agi auprès des deux souverains pour les amener à composer leurs différends. Au mois de juillet 1596, il avait envoyé comme légat en France Alexandre de Médicis, cardinal de Florence, en lui donnant mission spéciale de travailler à un accord, et le légat, fidèle à ses instructions, avait en toute circonstance présenté au roi les raisons tirées de la considération du bien public et de son avantage particulier, qu'il avait jugées les plus propres à le disposer à la paix. En même temps, le pape avait essayé de porter Philippe II à désarmer, en faisant plaider auprès de lui la cause de la paix par le nonce qui était en Espagne, et par le duc de Sessa, ambassadeur d'Espagne à Rome'. Guidé par les instructions que ces deux intermédiaires lui avaient fournies, il avait sondé assez sûrement les dispositions de Philippe II, vu assez clair dans ses désirs, ses espérances, ses projets, pour pouvoir, au mois de janvier 1597, adresser à Henri IV une proposition qui exprimât fidèlement et complètement les pensées et les prétentions du cabinet de Madrid. Philippe II jugeait sainement sa situation et celle de sa monarchie. Ses conquêtes en Picardie, humiliaient et abaissaient momentanément la France.

* Lettres missives des 27 juin, !•' et 3 juillet 1596, tome IV, p. 601, 608, 614. — Mémoires très particuliers pour servir à l'histoire de Henri III, roy de France et de Pologne, et dej Henry IV, roy de France et de Navarre, Paris, Denis Thierry, 1667, in-18, la seconde édition. Ije second des mémoires contenus dans ce volume est très certainement ou de Sillery, l'un des négociateurs de la paix de Vervins, ou du secrétaire de Sillery : on en trouve la preuve aux pages 150, 177. En ce qui touche la médiation du pape, lu Mémoire dit, page 137 : «Le Pape » manda au cardinal de Florence, légat en France , de remonstrer » au Roy ce qui estoit du bien public, et de son avantage particu- » lier, pour le disposer k la paix. Il usa du mesme procédé envers » le roy d'Espagne, par le nonce qui estoit eu Espagne et par le duc » de Sessa, ambassadeur à Rome pour le roy d'Espagne. »

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