‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 178 sur 344 · LIV. V. CR. X. INTENTIONS ET PROJETS DE PHIUPPB II EN · texte numérisé non relu

LIV. V. CR. X. INTENTIONS ET PROJETS DE PHIUPPB II EN

Mais la victoire de Fontaine-Française et l'invasion de la Franche-Comté, l'absolution du roi, la soumission de Mayenne, de Nemours, de Joyeuse, entraînant celle des pays qu'ils occupaient depuis l'extrémité de la Bourgogne jusqu'à celle du Languedoc, la réduction de Marseille et de d*Epemon, la prise de la Fère, la ligue offensive et défensive entre la France, l'Angleterre, la Hollande, suivie du ravage de Cadix et dç l'Artois, le déplorable état des finances espagnoles, rétablissaient l'équilibre en faveur de la France. La rapide succession de ces événements avait convaincu le roi catholique (jue, dans ses plans de monarchie universelle , le projet de subjuguer le royaume, était, de son vivant, d'une impossible exécution, et demandait impérieusement à être ajourné, n ne songeait donc plus ni à l'envahir en entier, ni même à lui enlever quelques-unes de ses provinces frontières, comme il en avait longtemps conservé l'espérance : il voulait garder seulement en Picardie et en Bretagne un certain nombre de places, qui protégeassent ses provinces des Pays-Bas, et qui rouvrissent l'entrée de la France à l'Espagne, si l'avenir rendait à ses successeurs l'occasion d'attaquer le royaume avec avantage , et de reprendre l'œuvre interrompue de son père et de lui-même *. Il s'était d'autant plus arrêté à cette idée, qu'il persistait dans son projet d'envahir l'Angleterre ; qu'il comprenait parfaitement que, pour réussir, ce dessein demandait qu'il renonçât à tout projet de conquête contre la France ; qu'il sentait

^ Les contemporains ont bien fait connaître cette modification et cette réduction des projets de Philippe II contre la France, quand ils ont dit : « Les Espagnols conuneucerent à cognoistre que la couronne » de France estoit un trop gros morceau pour Vavaler par espérance » tout d'un coup, et imitans les procédures du duc de Savoie, ne » voulurent plus doresnavant prendre de places que celles qui es- »" toient prez des frontières de leur pays et en leur bienséance. » (P. Gayet^ t. VI, p. 574. A.) Ce changement dans la politique de Philippe, exposé précédemment par rhistorien, s'applique aux années 1596,1597.

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