‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 180 sur 344 · LIV. V. CH. X. ILLUSIONS ET ERREURS DANS LESQUELLES IL TOMBE · texte numérisé non relu

LIV. V. CH. X. ILLUSIONS ET ERREURS DANS LESQUELLES IL TOMBE

villes le corps de la monarchie ; de rendre la paix à son royaume. Il accordait trop à l'espérance que la France, quoi(pie réduite, quoique momentanément abaissée aux yeux des puissances étrangères, puisant dans la paix les moyens de se refaire et de redevenir puissante, fournirait à l'Europe en général, et à l'Italie en particulier, les garanties dont elles avaient manque jusqu'alors contre l'omnipotence espagnole. Par-dessus tout, il se laissait séduire et tromper par l'espoir que Philippe donnait au sujet de l'Angleterre. Ou le roi catholique, la conquête faite , fausserait sa parole, et placerait la couronne sur la tète de sa lille et de son gendre ; ou s'il déférait la royauté à un étranger, il le choisirait tel qu'il ne serait qu'un esclave couronné, et le ministre de ses volontés. De la sorte , il s'acheminerait vers la monarchie universelle du côté de l'Angleterre, de tout ce dont il ne s'en approcherait pas du côté de la France, et il laisserait en outre à son successeur de nouveaux et puissants moyens d'attaquer plus tard la France et de la mettre en péril. Le pape, égaré par sa haine contre les puissances protestantes, par l'espoir de leur porter de la main de Philippe II les coups dont il ne pouvait pas les atteindre lui-même, avait fermé les yeux sur ces éventualités. Sous l'empire de cette même passion, sa droiture naturelle avait fléchi, et «avait incliné vers les maximes machiavéliques, qui de son temps et dans son pays exerçaient un déplorable empire : au sujet des rapports d'Henri avec ses alliés, il s'était laissé emporter à d'étranges assertions. D'Ossat avait élevé des objections contre une partie des propositions mises en avant par le roi d'Espagne : il avait dit au pape que Henri, qui faisait une particulière profession de tenir sa parole, refuserait sans aucun doute de violer la foi qu'il avait jurée à l'Angleterre et à la Hollande ; de rompre l'alliance qu'il venait de renouveler avec elles ; de les abandonner à la merci de

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