IL REJETTE LES PROPOSITIONS DE L*ESPAGNE
terre, il faudrait que les États des Provinces-unies d es Pays-Bas reçussent d'eux tôt après telle loi qu'ils voudraient, quoi advenant qui pourrait résister à leur puissance ? Et de dire que le tiers qu'on établirait en Angleterre aurait ses intérêts à part^ qui le rendraient bientôt neutre entre le roi d'Espagne et moi, c'est chose bien douteuse ; car il est à présumer que la nation anglaise, qui est belliqueuse et puissante, sera plus difficile à dompter qu'on ne présuppose, de sorte que ce roi-là aura longtemps besoin de celui qui l'aura introduit, du côté duquel, à cette cause, il penchera plutôt que de l'autre. Quand le roi d'Espagne ne tirerait de cette conquête ou entreprise d'Angleterre autre avantage que de m'avoir ôté l'assistance dudit pays, fait manquera ma parole, et se faire reconnaître de Hollande etZélande. serait-il pas bien récompensé de toutes ses peines, et moi de mon impudeur et perfidie, si je le laissais faire?
• Mon épée et ma foi, après la grâce et bonté de Dieu, m'ont remis la couronne sur la tête, que mes ennemis, par leurs corruptions et séductions avaient fort ébranlée. Il faut que l'une et l'autre l'y maintiennent et assurent, et que je perde plutôt la vie que de finir la guerre autrement qu'avec honneur, comme je l'ai commencée et poursuivie jusqu'à présent.
» Si Sa Sainteté veut mettre la Chrétienté en paix , comme elle montre, et comme je crois qu'elle a envie de faire, il ne faut pas qu'elle cherche les moyens de favoriser les desseins du roi d'Espagne au préjudice de ses voisins. Il n'est déjà que trop puissant, et enflé de grandeur et convoitise du bien d'autrui : t7 a besoin d'un contrepoids, gui serve à tenir la balance égale, et à contenir dedans les limites de la raison et justice ses conceptions,
B Mon honneur et mon propre bien m'obligent à ne poser jamais les armes que je n'aye recouvré le mien, qu'occupe injustement le roi d'Espagne ; et le sien, avec le péril quje court sa maison du côté de Hongrie, lui devrait faire reconnaître la raison et borner ses des-* seins. Si je fais donc ce que dois, que le roi d'Espagne y manque de son côté, il faut que Sa Sainteté se prenne à lui des calamités publiques, car il en est la seule cause ; comme elle éprouvera bientôt combien je suis disposé à la paix, si elle peut obtenir de lui qu'il se mette à la raison, et me restitue ce qu'il a pris sur moi ^ Mais je désire que Sa Sainteté sache que je ne ferai jamais paix ni trêve avec lui, qu'il ne se soumette à ce devoir, quoi qu'il puisse arriver, La suppliant trouver bon ^{mq je conserve mon honneur et mon
1 Ce passage, tel qu'il est imprimé, est inintelligible : nous croyons le restituer dans la pensée de Henri IV.
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» Si je Toobb <pill aeceplil de moi b (oix ans d^eas de 9e% EUtiy Sa Sainteté aurait oceasioo de se pbindre de moi et de s*attriboer b dirisioo de b rhrétieDié. Mais moo bot est to«l avtre : je ne demande que b mien , et que cliaam soit coosem en ce qui lin appartient. Partant si Tempereor bit b paix arte b Tnrc, on s^ continue â perdre en b guerre contre loi, et qoe b Chrétienté en pâlîoie en qoelqoe sorte qne ce soit, qoe Sa Sainteté en accuse Topûddlrelé dodit roi, et qoll loi piaise broriser b justice de ma canse, sans prêter PoreiUe plos avant à tontes propositions qne mes amis et alfiés n> sojeot compris, et qne mes pbces ne me soyent rendues *. »
n était impossible de prendre les questions de plus haol et de les traiter d'une manière plus droite, plus élerée, plas généreuse. Le roi rétablissait sur une base solide, au nom de la France, les principes de probité humaine, de morale chrétienne , battus en brèche par la pc^tique italienne et par la subtilité théolc^que, en observant les convenances au point de ne nonuner nulle part, et d'honorer de paroles, le pape qu'il réfutait partout et sans cesse. Il donnait pour conditions à la paix le maintien de l'honneur national, le recouvrement par la France de toutes ses villes et de tout son territoire, des gages assurés à son existence jusqu'alors menacée et à sa sécurité à venir. Dans les rapports du royaume avec ses voisins, il établissait comme lois la scrupuleuse obsenation de la ligue de 1596 , Télroite union de la France, de F Angleterre, de la Hollande ; alliance qui donnerait une mutuelle garantie aux destinées des trois nations ; faisceau contre lequel viendraient se briser toutes les tentatives faites |>our les asservir. Comme moyens qu'elles ne fussent même pas inquiétées, il demandait la franchise et la
* I>ïttre8 iiK'diteà de Henry IV, recueillies par le prince A. Galitzin, Pari-», Teclieuer, in-8*, 18C0, p. 219-224. Nous n'avons pas coiisorvé Torlliographe du temps.