PROJETS DU ROI CONTRE ARRAS ET L'ARTOIS
vigueur de la guerre offensive et de la grande guerre. Gomme résultats , il présentait dès à présent un contrepoids donné à la puissance de l'Espagne, et dans Tavenir cette puissance abaissée, Philippe II contraint de renoncer à ses projets de monarchie universelle, de déposer les armes, de donner non pas seulement aux puissances confédérées, mais à toutes les nations de TEurope, et la paix et des garanties sérieuses d'indépendance. La dépêche de Henri contient tout le secret de sa conduite jusqu'à la paix de Vervins, soit avec le Saint-Siège et l'Espagne, soit avec l'Angleterre et la Hollande. C'est un programme honnête et héroïque, un ultimatum tel qu'on en trouve peu dans l'histoire. Il se déclarait disposé à périr avant d'en abandonner un seul point, et il tint parole.
Le noble but auquel il tendait était encore éloigné. Philippe II tint bon dans ses dernières prétentions, livra im combat désespéré pour les soutenir, parut un moment sur le point d'élever une insurmontable opposition à Texécution des desseins de Henri. Les vicissitudes de la guerre, les fautes de ses sujets, l'inexactitude de ses alliés à tenir leurs engagements, se jetèrent aussi à la •traverse, et il ne fallut rien moins que toutes ses qualités réunies, déployées avec une énergie nouvelle, pour franchir l'espace qu'il s'agissait de traverser, pour surmonter les difficultés qu'il fallait vaincre.
Les offres inacceptables de trêve et de paix mises en avant par le roi catholique étant repoussées, on en revint aux armes, et des deux côtés on fit de nouveaux préparatifs pour la guerre. Pendant la malheureuse tentative du Conseil de raison , Rosny , qui avait gagné la confiance du roi et pris une grande autorité dans le Conseil des finances, commençait avec un travail infini, mais commençait seulement une réforme dans les finances, dont
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nons parierons ailleurs. Les reveous publics ne purent augmenter sur-le-champ : il fallait du temps pour rétablissement du nouvel impôt sur les denrées, et pour l'amélioration des fermes. Le roi, réduit à Targent qu'avait fourni la visite de quatre généralités, et au produit des impôts courants, rappliqua à un grand dessein.
n projetait le siège d'Arras. Il rassembla pour cette entreprise un matériel considérable de guerre dans Amiens, où il comptait établir son principal arsenal à l'ouverture de la campagne, quarante pièces de canon, huit cents caques de poudre, des amas de boulets et d'outils, une grande provision de vivres. 11 assura en outre les subsistances de l'armée pour toute la durée de la campagne : des marchés avaient été passés par Rosny avec quatre munitionnairespour fournir cinquante mille pains par jour, et les transporter sur le point c[ui leur serait indiqué plus tard. La conquête de tout TArtois aurait suivi la prise d' Arras ; les pertes faites par la France auraient été plus que couvertes ; nous aurions eu entre les mains des gages pour recouvrer nos villes tombées au pouvoir de l'ennemi. En réunissant ces moyens d'attaque contre les Espagnols, la prudence de Henri avait, essayé de les mettre, avec Amiens lui-même , à l'abri de leurs surprises. On a vu précédemment les précautions qu'il avait prises pour la conservation de cette place importante. N'ayant pu persuader aux habitants de recevoir une garnison, il avait cherché les moyens d'y suppléer. n avait ordonné au comte de Saint-Paul, gouverneur d'Amiens et de toute la Picardie, de résider dans la ville, pour avoir l'œil sur les démarches de l'ennemi, surveiller la iidélité et entretenir la vigilance du maire et des échevins, réunir et opposer aux attaques, si elles avaient lieu, les quinze mille hommes armés de la garde bourgeoise. Il avait logé le corps des Suisses du colonel Galaty à