SURPRISE ET CONQUÊTE D'AMIENS PAR LES ESPAGNOLS
par un prompt message les Suisses de Galaty postés à fiosme ; les joindre à la garnison de Corbie, qui se mit en marche à la première nouvelle de son danger ; attendre enfin les secours qui lui seraient promptement venus de Pecquigny et des villes voisines. Avec ces forces réunies, il aurait commencé contre l'ennemi un combat à la suite duqueliirauraitprobablementchassé.LecomtedeSaint-Paul avait prouvé son courage à Ivry, et tout récemment dans les expéditions d'Artois ; mais la rapidité et la justesse du coup d'oeil lui faisaient défaut, et au jugement de tous les historiens, il en manqua complètement dans cette grave circonstance. Il sortit précipitamment des murs, et se rendit au quartier des Suisses, avec l'idée de se mettre à leur tête, de rentrer avec eux dans Amiens, d'attaquer les Espagnols, qu'il espérait trouver dispersés dans les différents quartiers et occupés au pillage des maisons. La prévoyance de son ennemi s'était mise en garde contre ce danger, et déjoua ce calcul. Hernantello avait défendu, sous peine de mort, de commencer le pillage aVant l'entière occupation de la ville, et son premier soin, dès qu'il y fut entré , fut d'empêcher ses soldats de s'écarter, en postant des corps de garde à tous les carrefours, à mesure qu'il avança. Parvenu au Bloc, il rencontra le corps des habitants qui s'y étaient rassemblés, et une vive résistance. Les bourgeois tuèrent l'un de ses capitaines et plusieurs de ses soldats, et quatre-vingts d'entre eux périrent les armes à la main : de ce nombre étaient le conseiller Lemâtre, dont les avis auraient dû sauver la ville; Leroi, secrétaire; Brisset, trésorier; Cadot, ancien échevin; de Blayrie, échevin en charge. Après la retraite du gouverneur, après l'extermination de la partie courageuse et résistante de la population, les Espagnols, encore aidés par le hasard de quelques circonstances, eurent bon marché de la masse des habitants. On était alors en carême.
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et il faisait un froid intense. Parmi les bourgeois, les uns réunis à la cathédrale assistaient au sermon : les autres, retenus par la rigueur du temps, étaient demeurés dans lenrs maisons. Au bruit qu'on entendait dans les rues, ceux qui remplissaient la cathédrale essayèrent d'en sor* tir ; mais ils trouvèrent les portes déjà occupées par les Espagnols et les Wallons, et furent refoulés à Tintérieur. Ceux qui étaient restés dans leurs maisons, consternés à l'aspect des ennemis qui s'avançaient dans un appareil menaçant, et avec la contenance de gens décidés à périr ou à vaincre, renoncèrent à toute pensée de résistance, fermèrent leurs portes et leurs boutiques, remettant leur destinée à la miséricorde de Dieu et à la merci du vainqueur. Ceux enfin qui s'étaient rassemblés autour des portes de Beauvais et de Noyon, laissés sans commandement et sans direction, manquant de tout ce qui entraine les volontés et raffermit les courages, ne songèrent qu'à se soustraire^au despotisme et aux violences de l'étranger et fuirent de la ville. En moins d'une demi-heure, Hernantello se saisit du Beffroi , de Thôtel-de-ville , des places publiques, des églises, des forteresses , de l'arsenal. Sa cavalerie ayant traversé la chaussée de Saint- Leu, et l'ayant rejoint, il la rangea en bataille sur la place aux Herbes et sur le marché au Blé. Il termina l'occupation en s'emparant plus tard des remparts et des portes les plus éloignées de la ville. Cependant le comte de Saint- Paul s'était rendu au quartier des Suisses, et les avait dirigés sur Amiens. Mais arrivé à une demi-lieue de la place, il apprit que tous les endroits par lesquels il avait espéré y rentrer, étaient maintenant gardés. Une tentative d'escalade et d'assaut ne présageant qu'une défaite et une perte d'hommes, après un désastre, il y renonça (11 mars 1597). Pendant le court séjour qu'il fit à Corbie, il projeta, mais en vain, de surprendre