LIV. V. CH. X. PLAN DE GUERRE PROPOSÉ A ELISABETH
une armée pour se joindre à celle de Henri, et pour attaquer Philippe 11 dans ses domaines et possessions. C'était l'occasion ou jamais de remplir cette condition, et Elisabeth se trouvait parfaitement en mesure d'y satisfaire. Elle avait alors sur pied deux armées, l'une en Irlande pour repousser l'invasion que les Espagnols pouvaient y tenter ; l'autre prête à monter sur la flotte pour entreprendre une expédition : les troupes anglaises venaient de s'accroître de 6,000 hommes, composés en partie de vieux soldats *. Le roi proposait un plan de campagne conforme au système de la grande guerre, avec toutes les chances imaginables de succès. 11 demandait à Elisabeth d'attaquer Calais , tandis cjue lui - même assiégerait Amiens : par ce moyen, l'Espagnol serait contraint de diviser ses forces pour défendre les deux villes, ce qui en faciliterait la conquête : celui des alliés qui le premier aurait pris la place attaquée par lui, se porterait sur-lechamp au secours de l'autre, et l'aiderait à terminer l'entreprise à laquelle il serait attaché : après la réduction de Calais et d'Amiens, les armées confédérées entreraient ensemble dans les Pays-Bas espagnols, et les envahiraient au bénéfice commun des deux souverains- Reprenant les raisons et les considérations qu'il avait déjà exposées à la reine et au conseil d'Angleterre , l'année précédente par l'organe de ses ambassadeurs, Henri leur faisait représenter de nouveau et plus fortement, que l'assuré moyen de détourner de l'Angleterre et de la France les invasions dont les menaçait Philippe II, était de porter la guerre en Espagne et dans les Pays-Bas ; que si les confédérés se hâtaient de l'y attaquer, avant
» Camden, partie IV, p. 683, G84. « Primo vere,.... quiuque millia » miiitum conscripla, prœter mille veteranos, quos Verus ex Belgio » duxerat. » Lps deux armées distinctes dont Elisabelli disposait alors, sout clairement indiquées dans le jjassage suivant. « Cura jam classis » ad iosulas missa^ et exercitus in HiberniA, pecuniam exhaurireut. »