‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 205 sur 344 · UV. V. CH. X. NÉGOCIATION DES AGENTS DU PAPE · texte numérisé non relu

UV. V. CH. X. NÉGOCIATION DES AGENTS DU PAPE

en France. Henri ordonna, le 29 avril, au connétable et au sieur de Bellièvre de se mettre en rapport avec les représentants du pape, et de recevoir les ouvertures dont ils étaient chargés de la part du roi catholique et de Far^ chiduc*. Dans l'audience que le général des Gordeliers reçut quelques jours après du roi, il lui déclara que l'ar* chiduc Albert avait pouvoir de traiter en son nom et au nom de Philippe II ; que la prise d'Amiens n'empêcherait pas la paix, s'il voulait y entendre ^. Il lui exposa ensuite les conditions auxquelles ses ennemis la mettaient. Ils lui laissaient le corps du royaume, mais ils lui imposaient des sacrifices dont on peut mesurer l'étendue par la réponse même du roi, et par ce mot de l'un de ses ministres : « Le coup de la prise d'Amiens fut tel, qu'il » rendit insupportable l'audace de ceux qui luy faisoient i> la guerre 3. » Il n'était pas question de la Bretagne, province sur laquelle les Espagnols prétendaient des droits de propriété *. Philippe II exigeait que Henri lui

1 Lettre Miss, du roi au conuétable , 29 avril 1597, t. IV, 756. Henri 8^'journe alors à Saint-Germain, où il donne des soins à sa santé altérée par tant de travaux et de fatigues. « Mon cousin, j'envoye le » sieur de Bellièvre à Paris, visiter ynon cousin le cardinal de Florence, )) sur l'occasion que je luy ay donné charge de vous faire entendre, M affin de s'y conduire par vostre bon avis, estant nécessaire de penser n à nos affaires, puisque chacun nous abandonne (l'Angleterre et la » Hollande). «

* P. Matthieu, hist. de Henri IV, I. II, p. 254. « Bonaventure Cala- » tagirone vint trouver le roy après la prise d'Amiens. Il croyoil » qu'en la perplexité de ses oifaires, il accepteroit facilement cesta M proposition, l'asseurant que le cardinal d'Auslriche avoit pouvoir M de Iraicter, et que la prise d'Amiens n'empesclieroit pas le traicté, » pourveu que la royne d'Angleterre n'y fust pas comprise. »

* Mémoire manusc. de Villeroy, fol. 7 verso.

^ Thuanus, l. CXVIII, § 7, l. V, p. 677. In Arniorica... quœ provincia lïispanorum jus in ea sibivindicantium,valdeopporiuna al. Les Espagnole conservent ces prétentions, même après la reprise d'Amiens. Siilery exposant les premières négociations ouvertes pour la paix de Ver-

vius, dit dans son Mémoire, p. 144 : « Le sieur Hichardot saiu

» parler de Bretagne. »

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