‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 215 sur 344 · MORT D*HBRNANTELLO : SUITE DES ATTAQUES DES FRANÇAIS · texte numérisé non relu

MORT D*HBRNANTELLO : SUITE DES ATTAQUES DES FRANÇAIS

de Tuue de ces pertes qui ne se réparent pas. En défendant les ouvrages attaqués, Hernantello reçut dans le côté gauche un coup d'arquebuse dont il mourut sur-lechamp. Les officiers espagnols déférèrent le commandement au marquis de Monténégro, qui lui succéda sans le remplacer; car dès ce moment, malgré la bravoure du nouveau gouverneur, la confiance et l'ardeur de la garnison déclinèrent d'une manière sensible. Deux jours après la mort d'Hernantello, les Français eurent à pleurer celle de Saint-Luc, Saint-Luc l'émule de Givry^par les talents militaires, la douceur des mœurs, l'élégance des manières, la culture de l'esprit. Le deuil que répandit cette perte ne ralentit en rien l'ardeur des attaques : l'armée du roi venait de recevoir les derniers renforts amenés par le duc de Nevers du Nivernais, par le duc de Montpensier delà Normandie, et l'armée se trouvait portée à trente mille hommes. Le 12 septembre, les Français donnèrent l'assaut aux remparts construits en face des tranchées, et paraissaient devoir surmonter prochainement la résistance des assiégés, quand l'arrivée de l'armée espagnole détourna les esprits de ces attaques pour les occuper à en soutenir de plus dangereuses *.

Le secours d'Amiens par les Espagnols, comme le siège d'Amiens par les Français, dépendait avant tout de l'argent qu'on pouvait y employer : dans les deux monarchies, la question militaire et la question politique se trouvaient subordonnées à la question financière. Au commencement du mois d'août, Philippe II avait terminé

^ Discours yéritable de la route et deffaicte des mareschauz de camp dé rarmée du cardinal d'Autriche, advenue le 29 aoust mil cinq cens nouante sept, Paris, Jamet Mettayer, in-8' de lî pages. — Lettre Miss, du roi à sa sœur Catherine du 30 août, t. IV, p. 830. — Davila, 1. XV, t. m, p. lii-115. — P. Cayet, 1. IX, p. 767, 768. — Thuanus, 1. GXVIII, § iO, 12, t. V, p. 681-683. Plusieurs des dates assignées par Davila et par de Thou à ces divers événements diffèrent entre elles.

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et payé rarmement naval destiné contre l'Angleterre et contre la Bretagne ^ D'un autre côté, il était informé que la flotte des deux Indes venait d'entrer dans les mers d'Europe, et il s'était assuré que le prochain arrivage des tributs de l'Amérique et de l'Inde portugaise remplacerait dans son trésor les sommes dont il se dessaisirait. Il se décida à envoyer à l'archiduc Albert les subsides qu'il lui faisait attendre depuis si longtemps. Albert se trouva alors, mais seulement alors, en- mesure de former une armée et Ae la conduire contre la France. Il bâta l'arrivée des levées qu'il avait ordonnées depuis plusieurs mois en Italie et en Allemagne, mais qu'il n'avait pu, faute d'argent, réunir autour de lui *. Au milieu du mois d'août , Alphonse d' Avalos lui amena du Milanes quatre mille hommes d'infanterie italienne, et peu après, il reçut sept mille Allemands levés dans les duchés de Saxe et de Saxe-Lawenbourg ^. En joignant ces recrues aux vieilles bandes espagnoles et italiennes entretenues dans les Flandres, il se trouva à la tête de vingt-huit mille soldats. Après avoir distrait de ces forces les sept mille Allemands qu'il laissa, sous les ordres des comtes de Berg et de Bie, dans les Pays-Bas, pour s'opposer aux efforts du prince d'Orange et des Hollandais, il donna ordre à toutes les autres troupes de se rendre à Douai, où il lit la revue de son armée expéditionnaire. Elle montait à dix-huit mille hommes de pied et à trois mille

> Voir ci-dessus, la citation de Meteren, et la Lettre missive du 4 juin, t. IV, p. 776, où le roi parle du grand armement naval de PhiUppe contre TAngleterre et de ses espérances de conquête.

• Davila, 1. XV, t. III, 2" pastie, p. 115 : « L'on n'avoil pu trouver i » temps Tangent nécessaire pour payer les troupes. Aussi celles qui » venoient d'Italie sous les ordres d'Alphonse d' Avalos, s'étoient mises » tard en marche, et celles qu'on levoit en Allemagne ne s*étoient » assemblées que lentement. »

» Thuanus, 1. CXVIII, § 7 et lî, t. V. p. 678, 682.

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