LIV. V. CH. X. ASSERTION ERRONÉE DE D*4CBIGNÉ
n bien il estoit juste aux mesures, le lundi malin se dmina » le plaisir de la chasse, tellement qu'il n'arriva aux af- » faires que nous vous présenterons qu'à trois ou quatre » heures du soir. En son absence, sur les onze heures^ » parut Tarmée espagnole '. )> Cette assertion est réfutée directement par le témoignage des deux hommes alon près de la personne de Henri que nous venons de citer. Elle l'est indirectement par le silence db tous ceux qui ont présenté l'exposé des faits de cette journée : ni le vé» ridique deThou, ni les autres historiens et abbréviateors français contemporains, ni les deux historiens étrangers Davila et Bentivoglio, ne disent un mot de cette partie de chasse *. Ajoutez que dans le même passage, d'Aubigné prétend que les Espagnols s'approchèrent des lignes du roi à onze heures, tandis qu'ils n'y arrivèrent qu'entre une heure et deux heures de l'après-midi '. Mal informé de l'approche de l'armée ennemie, il ne parsdt pas mieux instruit de la cause de l'absence du roi. Tout se réunit donc pour établir que son allégation est sans fondement, et pour la réduire à ce qu'elle était probablement, un faux bruit semé sur le roi par ses ennemis, et accueilli par l'historien sans un suiBsant examen.
Tandis que Henri, sur la rive gauche de la Somme, organisait la résistance sur le passage de Bucquoy , sur la rive droite l'archiduc Albert s'avançait à la tête de ses
« D'Aubigné, 1. IV, ch. 17, t. III, p. 392.
« Thunnus, § 12, 13, t. V, p. G83. — P. Cayet, 1. IX, p. 768, 769. — Davila, t. III, V parUe, p. 118-120. — BenlivogUo , 1. XX, t. IV de la trad., p. 122-124.
» P. Cayet, p. 768 B. — Davila, témoin et acteur, p. 119. — L'antear de la lettre d'avis insérée dans les Mémoires de la Ligue, t VI, p 515, autre témoin oculaire : « Hier, quinze du mois^ les énnenit » "partirent de quatre lieues de nostre quartier^ et vinrent ayec telle )) diligence, que sur les deux heures après midy, nous les ensmeii » contre Topinion de tout le monde, a la veue de Longprë^ où le Roy » estoit logé. » Le roi avait momentanément quitté Longpré^ pour passer la Somme.