CONQUÊTFS DES HOLLANDAIS DANS LES PAYS-BAS
neté nationale à Télranger, et. n'osèrent en venir à un soolèvement contre le pouvoir. La révolte fut contenue jusqu'au temps où le roi put lui opposer victorieusement sa présence, o^lle d'une armée, et TÉdit de Nantes. Au commencement du mois d'octobre la dangereuse fermentation excitée par les factions diverses entrait dans un temps d'arrêt, et le danger public était amorti.
La ruine des partis anarchiques en France n^était pour l'Espagne qu'un échec indirect; mais tous les coups frappés sur l'archiduc, sur le capitaine Gaucher, sur le duc de Mercœui:, sur le duc de Savoie, avaient atteint directement Philippe IL A ces revers en France se joignaient les pertes sensibles qu'il avait essuyées dans les Pays-Bas. Le prince Maurice avait profité de l'absence d'Albert et de l'armée espagnole, pendant qu'ils se portaient en France au secours d'Amiens, pour attaquer et entamer les possessions du roi catholique. La campagne de Maurice entre le 8 août et le mois d'octobre, avait été un enchaînement de- succès. Conformément au projet formé par lui de chasser les Espagnols des bords du Rhin, il les avait attaqués d'abord dans l'électorat de Cologne et dans le cercle de Westphalie, et leur avait pris Alpen, Rhinbcrg, Mœurs, le fort CamiUe. De là il avait porté la guerre dans les provinces de Gueldre, d'Over-Yssel, de Frise, et emporté successivement Groll, Bréfort, Enschède, Oldenzeel, •Otmarson, Goor. Ces conquêtes avaient eu pour résultat d'expulser entièrement les Espagnols de ces trois pays, d'y établir la domination exclusive delà Hollande. Revenant à son dessein de dépouiller l'ennemi de toutes ses possessions sur la ligne du Rhin , il se disposait maintenant à attaquer la forte place de Linghen, dont il ne tarda pas à s'empai'er *.
» P. Gayet, l. IX, p. 77Î-775.— Thuanus, GXIX, § 7, l. V, p. 703-706. — Lettre du roi au connétable du 26 août, t. IV% p. 836, pour quelques-unes des conquêtes de Maurice.
406 LIV. V. cil. \. PHILIPPE U IEMTE d'envahir L*ANGLETERIie.
Philippe II tenta de prendre sur l'Angleterre la revanche des revers qu'il avait essuyés en France et dans les Pays- Bas; de relever par un coup d'éclat la réputation de ses armes et l'état de ses affaires. L'Espagne et TAngleterre avaient rouvert les hostilités Tune contre l'autre au mois de juillet de cette année. Le comte d'Essex, après avoir joint à la flotte anglaise vingt-cinq vaisseaux fournis par les Hollandais, était sorti du port de Plymouth le 20 juillet, avec ordre d'Elisabeth de continuer contre l'Espagne la guerre d'incursions et de piraterie, que les Anglais avaient entreprise l'année précédente. Battu par les vents contraires, Essex avait été contraint de relâcher dans les I)orts d'Angleterre huit jours après son départ *. Il avait repris la mer du 1 7 au 30 septembre, et était allé attendre, aux Açores, la flotte espagnole composée de vingt-cinq vaisseaux et chargée des tributs de l'Amérique. Elle loi avait échappé, était entrée à Angra le 7 octobre, et y avait mis en sûreté les richesses qu'elle portai^. Tandis que les Anglais s'épuisaient en efforts inutiles, et hors d'état de rien produire de décisif, Philippe II préparait contre F Angleterre une attaque d'un genre bien différent, d'une tout autre portée. Le 19 octobre, il fit sortir du Férol sa flotte composée de cent quatre-vingts vaisseaux et commandée par TAdélantado don Martin de Padilla. L'Adélantado avait pour instructions de jeter sur la côte de Bretagne un corps expéditionnaire destiné à relever le parti du duc de Mercœur ; d'entrer ensuite dans la Manche pour l'invasion de l'Angleterre, de cingler vers Falmouth
* On ne trouve que dans les Lettres du roi, et dans Metereo, nn exposé exact des op('?ralions maritimes de l'Angleterre pendant celte année. La lettre du roi du 6 septembre, t. IV, p. 841, rappelle en ces lormes un premier fait accompli depuis quelque temps : « L'armée » de mer de la royne d'Angleterre, conduicte par le comte d'Esd^x » n*a eu si bonne fortune; car estant vsortie eu mer pour foudre » en Espagne , elle a esté forcée de relascher en Angleterre à cause » du mauvais temps. »