‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 232 sur 344 · AMBASSADE ET INSTRUCTIONS DE DE HAÏSSE · texte numérisé non relu

AMBASSADE ET INSTRUCTIONS DE DE HAÏSSE

aucunement chez lui un parti pris sans retour, définitivement arrêté. Dans le cas où, contre son attente, il trouverait Elisabeth disposée à entreprendre une guerre telle qu'il entendait la faire, son intention était alors de poursuivre les hostilités, et les raisons qu'il donnait pour les continuer étaient les plus fortes qu'on pût alléguer. Voici ce qu'on lisait dans l'instruction de de Maisse :

t Le principal poinl de sa légation est (l*assurer et ctreindre plus que jamais Tunion et bonne intelligence qui doit être entre leurs Majestés, leurs royaumes et sujets, pour leur conservation et grandeur, soit quils veulent continuer la guerre au roi d'Espagne et à ses adhérents leurs communs ennemis; ou. bien entendre à la paix, dont Sa Majesté est aujourd'hui poursuivie plus que jamais.

• Si ladite dame reine n'étoit d'avis que le roi entendît aux ouvertures de la paix, par laquelie on lui offre la restitution de ses places, le sieur de Maisse avoit commandement de lui remontrer qu'elle eût donc à proposer et faciliter tous les moyens convenables pour abréger la guerre, et nettoyer les provinces des Pays-Bas de la domination des Espagnols, sans plus emplo},er ses armées et moyens au loin, pour ne donner occasion aux Français de se plaindre, et porter seuls le faix de la guerre, comme ils avoient fait depuis qu'elle avoit été déclarée au roi d'Espagne.

» Si ladite dame pouvoit être aussi bien inspirée et persuadée pour les raisons que le sieur de Maisse lui pourroit alléguer d'entrer en quelques ouvertures avec le roi pour mieux assaillir et faire la guerre aux Pays-Bas et en Bretagne qu'il n avoit été fait par le passé, il avoit charge d'en avertir incontinent le roi , et faire connoitre à ladite dame reine : Que le roi ne s* en éloignerait point, comme celui qui n* avoit faute de raisons et de volonté pour être persuadé à suivre plutôt ce chemin que Vautre ; tant Sa Majesté désire affoihlir cette puissance espagnole, laquelle ne déùre ni recherche la paix que pour reprendre haleine ou désunir les alliés, et pour mieux parvenir puis après à son premier but, qui est de se rendre maître de tout le monde *. •

» de Sa Majesté. Sur quoy le Roy, après y avoir quelque peu pensée » dit qu'il estoit resolêu à la paix et qu'il la vouloit. » Passage cité par M. Prévost-Paradoi, Elisabeth et Henri IV, p. GO.

< Manuscrit de l'ambass. de de Maisse, fol. 11, 36,37. L'orthographe du temps n'est pas conservée.

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