RAISONS POUR L*ESPAGNE DE PRÉFÉRER LA PAIX AVEC LA FRANCE
de Flessingue et d'OsldDde contre Calais et Ardres, de pactiser avec l'Espagne. Les Hollandais instruits de cette trame, s'étaient, malgré les garnisons et les gouverneurs anglais, rendus les plus forts dans les villes données par eux en otage à Elisabeth, et se trouvaient, au moins pour le moment, en mesure de Fempecher de les livrer à l'Espagne *.
D'un autre côté, le roi catholique venait d'assurer l'avenir de l'infante Claire-Eugénie, en la mariant le 2 décembre avec l'archiduc Albert, et en leur pi^omettant dèslors la souveraineté des Pays-Bas espagnols et de la Franche-Comté. 11 ne voulait laisser Théritage d'une guerre avec la France ni à sa fille, ni à son gendre , ni à son fils et successeur encore jeune et sans expérience. Pour sa part, l'archiduc Albert sentait tout ce que la principauté que son mariage venait de lui donner , garderait d'incertain et de précaire , tant qu'on n'aurait pas mis un terme aux hostilités , tant qu'il resterait en butte aux attaques d'un aussi grand et puissant ennemi qu'était le roi de France^. Aussi à la suite d'un nouveau
* Lettre de de Maisse à M. de Villeroy du dernier de décembre 1597, et lettre au roi du 9 janvier 1598 dans le manuscrit de l'Ambassade, fol. 135, 136, 149. La réponse est: « Quant à i'eschange que vous » craignez que ceste dame face avec le cardinal, ia volonté y peust n bien edre, mais il n*est pas à son pouvoir de livrer le contre eschange. » Ceux des Estais y sont les maistres, et ont la puce à Voreille à bon » escient, »— Lettre de Villeroy à MM. de Bellièvre et Sillery, dans les Mém. et corresp. de Duplessis, t. Vllf, p. 80. « Sa Majesté est » bien asseurée que la royne d'Angleterre ne traictera point avec les » Espagnols sans Calais, et qu'ils ne lu y rendront jamais la dicte ville » quelle ne leur rende aussi celles qu'elle tient en Zélande, desquelles » sa Majesté sçait très bien qu'elle ne peult pas disposer, »
« Thuanus, 1. CXIX, § 11, t. V, p. 709. — Mém. de Sillery, p. 158, 169, 184. De Thou dit que le mariage de l'archiduc Albert et de l'infante Glaire-Eugénie, fut célébré le 2 décembre 1597. Sillery ajoute, p. 169, à la date du 7 février 1598 : « Le S' Richardot s'estendit à » louer le bon naturel du cardinal d'Au»triche, qu'il appeloit leur » maistre, comme estant désigné seigneur des Pays-Bas parle mariage