‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 248 sur 344 · TOUS LES SERVICES PUBLICS RÉORGANISÉS PAR LE ROI · texte numérisé non relu

TOUS LES SERVICES PUBLICS RÉORGANISÉS PAR LE ROI

en particulier, celte cour de justice était rétablie à Rennes; les magistrats institués par Mercœur à Nantes étaient fondus dans le Parlement de Rennes, et y prenaient rang, sous la condition de prêter au roi un nouveau serment de fidélité *.

D'Angers Henri se rendit à Nantes ; son entrée dans cette ville était la prise de possession de la Rrétagne ligueuse par la royauté. Dans cet exercice de l'autorité souveraine, il apporta le cœur d'un père pour ses sujets. Comme on lui présentait les clefs de la ville, qui étaient d'argent doré, il dit qu'elles étaient belles, mais qu'il aimait encore mieux les clefs des cœurs des habitants. Après avoir éteint la guerre civile, rétabli les rouages de la société, il estimait n'avoir accompli que la moitié de sa tâche. Les instructions qu'il donna à ses commissaires pour la prochaine tenue des États de Rrétagne partaient toutes d'un gouvernement réparateur, tendaient toutes au soulagement des populations, et particulièrement à la délivrance des campagnes. Le roi ordonnait de faire ces- . ser toutes les fortifications des places et établissements de magasins , les contributions sur le peuple en argent et en denrées, les corvées d'hommes. Il défendait pour l'avenir la continuation de la levée de 40,000 écus par mois, qui s'était faite ci-devant pour l'entretien des gens de guerre pendant la durée de la guerre civile. Il remettait au peuple tous les arrérages des impôts , excepté ceux de Tannée 1597. Il défendait qu'à l'exception des fouages et impôts , qui seraient continués en la manière accoutumée, il fût fait plus grande levée de deniers. Il interdisait et abolissait la Pancarte établie par le duc de Mercœur, excepté les huit écus par muid de sel qui remontait la Loire. Étaient encore abolis

1 Édil pour la réduction du duc de Mercœur, dans Dom Morice^ t. m, articles 14, 15, 16, col. 1660, 1661.

454 LIV. V. CII. XI. LES IMPÔTS DIMINUÉS : SOULAGEM. ACCORDÉ AU PEUPLE.

les six écus par pipe de vin, qui se levaient conformément aux ordres du duc. L'impôt, perçu sur cette denrée par ordre des États, était diminué d'un tiers, en sorte qu'il ne devait plus être payé que quatre écus par pipe de vin étranger, et deux écus pour ceux du pays : dès que les parties auxquelles était destiné le produit de l'impôt n'auraient plus rien à réclamer, cette aide sur le vin devait être abolie, ce que le roi promettait et accordait dès lors. Ces prescriptions, gage assuré du repos et de la prospérité dont les peuples allaient jouir, furent accueillies par les États avec la plus vive reconnaissance. Es la témoignèrent en se prêtant avec zèle aux besoins de l'État. Outre l'octroi des fouages, impôts et billots, ils accordèrent au roi la somme de 800,000 écus pour l'année 1599^ et ce qui pouvait rester à payer de celle de 200,000 écus, qu'ils avaient promise pour son voyage *. Henri recevait ainsi, au moins en partie, les moyens d'acquitter les sommes promises à Mercœur et à ses partisans, pour le rachat et la délivrance de la province.

Quelques jours après avoir désarmé Mercœur, le roi acheva la pacification du royaume en réglant par Tédit de Nantes l'état religieux, civil et politique des calvinistes français, et en prévenant les troubles dont leur mécontentement menaçait l'État : il scella l'édit le 13 avril 1 598. Ces résultats obtenus au dedans réagirent sur la politique extérieure, coupèrent court aux dernières hésitations de l'étranger : Philippe II termina les négociations depuis longtemps entamées, en signant à Ver vins la paix avec la France, le 2 mai 1598 ^ Des difficultés de détail ayant

» Les registres des États dans dom Taillandier, 1. XIX, t. II, p. 481, 482. — Sully, CEcon. roy., chap. 79, p. 271.

• Dumont, Corps diplom., t. V, partie I, p. 561. — Pièces justificatives de rÉdit do Nantes , ajoutées à Thistoire de TÉdit de Nantes, t. I, V partie, p. 62.

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