UV. V. CH. I. AUTRES GRAVES ET NOMBREUSES RAISONS
la mort de l'archiduc Ernest, n'avait au commencement de la campagne que sept mille hommes, et les troupes italiennes et allemandes, que l'Espagne entretenait dans les Pays-Bas, venaient de signaler leur indiscipline par une nouvelle révolte *. Sur la frontière de l'Est au contraire, outre l'invasion espagnole à repousser, outre une armée bien plus nombreuse à combattre, il y avait quelques parties de l'Auvergne et deux provinces, le Lyonnais et la Bourgogne, dont il s'agissait d'achever et d'affermir la réduction*. Il fallait surtout s'assurer de la Bourgogne, dont Mayenne avait fait le dernier refuge de ses forces, le dernier rempart de sa puissance, si l'on voulait amener le chef de la Ligue à se soumettre. En outre les Croquants du Périgord et des pays voisins continuaient l'insurrection, qui se soutint jusqu'au mois d'août de cette année, et Henri devait l'approcher d'assez près pour être en mesure d'aller au besoin la comprimer avec une armée 3. Dans la campagne de 1595, la partie la plus difficile, la plus compliquée et en même temps la plus importante de la tâche, soit au point de vue de la guerre, soit sous le
* D'Aubigné, t. m, 1. IV, ch. 6 (et non 7), p. 348. « Le comte de » Fuenles ayant pris sa place (de l'arcliiduc Ernest) , bien qu'il n'eusi » que 7000 hommes lors , sort de l'Artois et va attaquer les premières » frontières. » Thuanas, 1. GXU , § 10, H, t. V, p. 468, 470. « Dum » Itali, adhuc stipendium expectantes, se Tilemone continent, Germani » eorum exemplo Bnixellis tumultuare cœperunt , capto ipsorum tri* » buno. »
* Lettre missiv. du roi aux consul et échevins de Lyon du 13 mai, t. fV, p. 354. « Nous partons dedans deux ou trois jours, pour nous M acheminer devers vous, et y porter noslre présence et autorité ac- » compagnée de toute la bonne volonté que vous pouvés désirer de M nous, />owr vous deslivrer d'oppression , et vous soulager. . Il nous o sera très facile de nettoyer après le pays de Forest, et vous desli- » vrer de toute incommodité. »
' Lettres Miss, du roi à M. de Bourtleille , du 3 août, l. IV, p. 388, 389. « J'escris à mon cousin le maréchal de Matignon ce qui est de » mon intention sur l'assemblée des peuples en mon pays de Périgort, » que je veux pas estre supportez en leur désobéissance. »