‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 252 sur 344 · OBSTACLES SUCCESSIFS OPPOSÉS AU TRAITE PAR ELISABETH · texte numérisé non relu

OBSTACLES SUCCESSIFS OPPOSÉS AU TRAITE PAR ELISABETH

étrange sorte à ces loyaux et généreux procédés du roi. La grande préoccupation d'Elisabeth était d'empêcher que la France ne rentrât en possession de ses villes de Bretagne et de Picardie, et particulièrement qu'elle ne recouvrât Calais , ce que la reine craignait comme la mort, selon l'expression de nos anâbassadeurs. Le moyen de l'empêcher, était de rompre les négociations pour la paix entre la France et l'Espagne, et pour y réussir, il n'est point de ressort qu'elle ne mît en jeu. Elle travailla d'abord par ses agents à rendre suspecte la bonne foi des ambassadeurs espagnols aux français, celle des français aux espagnols, et à leur persuader qu'ils n'arriveraient qu'à une déception. Sur cette première intrigue, lesnégociateurs disaient : a Si nous nous arrêtons aux conseils de la reine d' Angle- » terre et des États, nous aurons dix ans de guerre et » jamais de paix ^ » Elle fit grande démonstration d'être disposée à la paix, et annonça qu'elle enverrait au roi et au congrès des ambassadeurs pour en traiter, afin d'arrêter les résolutions des plénipotentiaires jusqu'à l'arrivée de ses députés *. Elle fit attendre deux mois ces ambassadeurs, espérant que, dans l'intervalle, il surviendrait quelque incident qui rejetterait la France et l'Espagne en pleine guerre ^. Elle revint au projet dont elle

1 Mém. de Sillery, p. 166. « Le Père général, yisitant les dits » sieurs de Bellièvre et de Sillery , leur donna avis de quelques parti- » cularitez pour confirmer que Tintention de la reine d* Angleterre et » de ceux des Estats esloit d'empescher la paix , et a ceste fin de j» mettre de la deffiance de part et d'autre , et faire échapper Tocca- » sion. » Cela est confirmé par la déclaration des ambassadeurs d'Espagne, p. 176.— Lettre de Bellièvre et Sillery à Villeroy,du 12 février 1598, dans les Mém. de Duplessis, t. Vlll^ p. 62.

* Mém. de Sillery, pages 175, 176. « Les ambassadeurs de France, n dirent.... que la reine d'Anglelerre , exhortée par le roy d'entendre » à la paix, avoit déclaré qu'elle estoil contente d'y entendre, et » d'envoyer ses députez, quand elle seroit asseurée qu'on traitoit de » bonne foy. »

3 Lettres de Bellièvre et Sillery à Villcroy du 12 février, au roi du

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