‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 254 sur 344 · OFFRES PEU SOUDES FAITES A LA FRANCE POUR CONTINUER LA GUERRE · texte numérisé non relu

OFFRES PEU SOUDES FAITES A LA FRANCE POUR CONTINUER LA GUERRE

ner Henri de la paix en le séduisant par Tespoir de cette grande guerre, de cette guerre continentale qu'il lui avait vainement demandée depuis 1596. Son ambassadeur et ceux des Hollandais en6n arrivés le 4 avril, ofrirent à la France treize mille cinq cents hommes si elle voulait continuer ses hostilités. Depuis la reprise de3 négociations entre la France et TEspagne, les alliés avaient eu cinq mois peur envoyer leurs troupes, au lieu de les promettre, pour donner un gage sérieux de leur concours, gage qu'ils ne fournissaient pas même maintenant. Le roi craignait à bon droit de les trouver aussi peu scrupuleux à tenir leur nouvel engagement que ceux contractés par eux depuis deux ans. Le langage et la conduite del' ambassadeur anglais ajoutaient à ses justes appréhensions. L'ambassadeur lui avait annoncé d'abord que l'Angleterre était disposée à conclure la paix avec l'Espagne en même temps que la France, et maintenant il ne parlait que de guerre. De plus il éludait de faire, au nom d'Elisabeth, aucune promesse formelle : pressé de déclarer quel serait le contingent de l'Angleterre dans le nombre des troupes promises, et à quelle époque elle le fournirait, il refusait de s'expliquer, de préciser ses offices. Entin les alliés, loin de fournir à Henri les subsides, dont il avait plus encore besoin que de troupes, lui demandaient le remboursement de ce qu'il leur devait. Les Anglais en particulier lui réclamaient l'argent qu'ils lui avaient avancé en divers temps pour ses affaires, et jusqu'à la misérable somme de 20,000 écus qu'ils lui avaient prêtée en dernier lieu *.

< La lettre du roi à Bellièvre et Sillery du 9 avril, fixe au 4 avril l'arrivée des ambassadeurs hollandais à Angers (Mém. de Duplessis, t. Vin, p. 490). — En ce qui regarde le nombre des troupes offertes au roi par l'Angleterre et la Hollande pour rengager à continuer la guerre, Sully, GEcon. roy.^ ch. 80, p. 274 K, le porte h onze mille bonmies; le manuscrit de Villeroy, fol. 11 recto dit : « Unze à douze » mil hommes de pied et quinze cents bons chevaux. » — En ce qui

464 LIV. V. cil. XI. LE ROI SB DÉCIDE A TRAITER AVEC L*ESPAGIfB.

Dès lors il se décida à conclure avec FEspagne le traité de paix dont les bases étaient déjà arrêtées par les plénipotentiaires, mais en s'etforçant de resserrer au lieu de rompre les liens qui Tunissaient à ses alliés. Il dit à leurs ambassadeurs : « Qu'ils le vouloient tenir en guerre, et qu'il dé- » siroit les porter avec lui à une bonne paix. » Bonne paix en effet, puisqu'elle leur aurait garanti les mêmes avantages, les mêmes sûretés que la France poursuivait pour elle-même *. Mais le roi les trouva sourds à ces invitations. Vainement il leur représenta qu'en supposant, ce qui était à craindre; que la maison d' Autriche ne fit de la présente paix qu'une concession à la nécessité , un temps d'arrêt dans ses projets de monarchie universelle, son dessein arrêté et son plus vif désir étaient de l'abaisser, et d'assurer ainsi l'indépendance générale de l'Europe, comme celle de la France , mais que le royaume avait indispensable-

regarde le langage et la conduile de l'ambassadeur anglais , Villeroy dans son mémoire, mentionne l'offre faite dahs le principe an nom de r Angleterre de s'adjoindre à la France pour conclure la paix atM TEspagne. « Les Anglois ont déclaré que la Royne.... desiroit faire » la paix ou contynuer la guerre avec Sa Majesté (le roi) ainsi qui'. )) seroit advisé et resoUu par elle. » Villeroy indique ensuite le changement subit par suite duquel l'ambassadeur anglais passe subitement des apparentes dispositions à la paix à Tinstaute demande que la guerre soit continuée, conformément à ce que viennent de proposer les députés hollandais. Villeroy termine, folio 11 verso, ep exposant le refus fait par l'ambassadeur d'Elisabeth de s'expliquer au sujet des offres qu'il vient de faire pour la continuation de la ;;uerre et de les préciser. « Ce que avoit encores confirmé le dit ambassadeur de la » dite royne d'Angleterre, parlant de rechef aprez les députez des dits » Estais (les Hollandais) sans toutes fois s^esciarcir en ses c/ffres , ny » s'engager davantage. » — Eu ce qui touche au défaut de subsides et à la réclamation par TAugleterre de toutes les sommes qu'elle a prêtées au roi , le manuscrit porte au même folio : « Le dit ambassa- » deur a faict iuslance que le roy pourvust au payement et au rem- » boursement des deniers advanccz par la dicte dame pour les affaires » de Sa Majesté , et particulièrement les vingt mille escuz par elle » prestez à l'instance et caution de MM. de Bouillon et de Sancy, M lorsqu'ils firent la ligue. »

* Mémoire de Sillery, p. 355.

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