‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 255 sur 344 · HEPUS DES ALLIÉS DE CONCLURE IK PAIX · texte numérisé non relu

HEPUS DES ALLIÉS DE CONCLURE IK PAIX

ment besoin de reprendre haleine et de réparer ses forces, avant de recommencer cette grande lutte. Vainement il les convia à déposer les armes en même temps que lui, pour les reprendre plus tard ensemble et plus efficacement, à la première menace, à la première attaque de leur commun ennemi. L'Angleterre et la Hollande repoussèrent ces plans et ces propositions, restèrent fermes dans le parti pris de poursuivre la guerre cx>ntre TEspagne. La paix n'était plus du goût de lord Barghley et d'Elisabeth, depuis qu'elle ne leur livrait pas Calais, et qu'elle ne tenait pas la France exposée aux chances défavorables de la guerre. Après la destruction de l'Armada, après la dispersion de la flotte espagnole en 1596 en 1597, protégés par leur marine, qui prenait chaque jour de nouveaux accroissements, les Anglais se croyaient parfaitement à l'abri dans leurs iles des descentes et des invasions. Il ne leur fallut rien moins que les rudes leçons des trois années suivantes, et les dangers de l'Irlande, pour les faire revenir de cette illusion. Sans crainte, sans soupçon même de ces périls, ils voulaient la continuation de la guerre, parce que la guerre les avait enrichis par la prise des galions chaînés des richesses du nouveau monde et par le butin de Cadix, et qu'ils se promettaient plus encore de l'avenir. Les Hollandais, en continuant les hostilités^ avaient à redouter l'effort de toute la monarchie espagnole, et des dangers qui épouvantaient Henri <. Mais les conseils de l'Angleterre, l'influence de Maurice qui craignait de voir son autorité diminuer dans la paix, Tespoir d'enlever ^ux Espagnols les possessions portugaises des Indes, dont ils avaient commencé la re-

^ Lettre du roi du 14 arril, daos les Mém. de Duplessis, t. VIII.

p. 3S0. a Je suis en beaucoup plus grande peine des Estais des Pays-

» Bas que des aultres; car tout le faix de la guerre leur tombera sur

» les bras, soubs lequel je crains qu'ils succombent du premier coup. »

i66 UV. V. CH. II. LE ROI SB SBPilRB D*BUX, MAIS LEOR KESTB DÉVOUÉ.

connaissance depuis 1595, leur firent rejeter les voies de conciliation. Henri trouvant ses alliés disposés à ne vmr qu'eux, à tout rapporter à leur intérêt, fut obligé de se séparer d'eux pour conclure la paix. Mais il resta leur allié, leur garda affection et dévouement, se concerta dans leur intérêt avec leurs ambassadeurs. On convint qu'il payerait à différents temps les grandes sommes qu'Û devait à la reine d'Angleterre et aux États-généraux, pour tous les secours qu'ils lui avaient envoyés dans ces derniers troubles ; que pour mettre mieux les États-^génaraux en état de soutenir le poids de la guerre, il leur rembourserait non-seulement ce qu'il leur devait, mais lès sommes qu'il était obligé de payer à la reine d'Angleterre. Sa ponctuelle exactitude à s'acquitter de ces obligations , la promptitude des remboursements, furent pour la Hollande une première et précieuse aide. Plus tard, en représailles des complots tramés par les Espagnols, sous le successeur de Philippe IT, pour troubler son état, Henri fournit des subsides continus aux Hollandais *. Ces secours d'argent qui se succédèrent sans interruption, entrèrent pour moitié à peu près dans le triomphe de leur cause. Quant à l'Angleterre, il revint avec elle aux rapports d* une entente intime , dès qu'il vit Elisabeth débarrassée par la mort des obsessions de lord Burghley *.

Les difficultés qui avaient entravé la marche des négociations étant enfin surmontées , les plénipotentiaires

1 Discours du roi aux ambassadeurs d'Angleterre et de Hollande, pour leur persuader de faire la paix en môme temps que lui , dons Sully, CEcon. roy., ch. 80, p. î74, Î75. — Secours d'argent qu'il fouruit aux Hollandais, ch. 79, 80, p. «71 B, 275 A. — Tliuamis, 1. CXX, § 5, t. V, p. 726.

* Sully, QEcon. roy., ch. 79, t. F, p. 271 B. — « La paix de Vervins » ne l'empescha pas de continuer ses alliances avec TAngleterre et les » Provinces-Unies, et de leur promettre toute assistance d'argent.» — Lettres de Henri IV et de Villeroy à Bellièvre et à Sillery, du 1*' mai 1598, dans les Mém. de Duplessis, t. VHI, p. 414-417.

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