LE ROI LEUR ACCORDE L'ÉDIT DE NANTES
Le roi et le pays ne pouvaient donc se le dissimuler : le lendemain du jour où ils mettaient fin à la Ligue catholique par le désarmement du duc de Mercœur, ils allaient se trouver en présence d'une Ligue protestante. Une nouvelle guerre religieuse et politique attendait un État sortant de trente-huit années de guerre civile et étrangère, et arrivé à ce degré d'épuisement où une dernière crise suffit pour décider la mort. Le roi sauva à la France cette fatale épreuve en accordant Tédit de Nantes aux calvinistes. Le pacte qu'il conclut avec eux contenait des conditions pleines de danger pour l'avenir, du jour où le gouvernement cesserait d'être puissant et ferme. Mais, dans le présent, la paix était assurée, le pays pouvait se reprendre à la vie et à la prospérité : la sagesse de Henri allait au plus pressé.
» ra£EUction de ses affaires. » U se termine par cette phrase signiâcative : a Neantmoins feat le S' de Clairville fort humainement receu » de Sa Majesté. » — Discours de Henri à Sully , même chapitre 80, p. 272 B, 273. « Je n'ai pas laissé de ramentevoir à M. de Bouillon n quelques unes de ses plus noires et plus grandes malices... que luy » et M. de I^ Trémollle avoient couru et tracassé par les églises et » synodes^ et usé d'une infinité de mauvais discours, artifices et calom- » nies, non seulement pour mettre tous ceux de la religion en om- » brage de moy, mais aussi pour les disposer à prendre ouvertement » les atmes; alléguant entre autres raisons que moy ayant aussi » légèrement changé de religion, etc., etc. » — P Cayet, 1. Vlll, p. 780 A. « Le bruit courut que ceux de la religion prétendue n'eussent pas » laissé de faire la guerre au roy, s*ils se fussent pu accorder ; car la » noblesse d'entre eux vouloit manier Targenl qui se leveroit pour » faire la guerre, et les ministres et les anciens, vouloient que ce fussent » certains députez de leurs églises qui payeroient les gens de guerre. » — Sur Tintervention de Duplessis, les mémoires de sa femme, t. 1, p. 313, 314; la correspondance de Duplessis avec le roi et avec divers, t. VII, p. 298-318, 369, 373, et surtout le mémoire de Duplessis, p. 492 et suivantes, et la lettre du roi, du 18 janvier 1598, p. 522. « M. Duplessis, j*ai esté fort aise du mémoire que vous m*avez en- » voyé, suivant lequel et vostre advis je fais une depesche aux sieurs » d'Emery (de Thou) et de Calignon , qu'ils pourront monstrer à l'as- » semblée. » — Sur le projet des huguenots de surprendre Tours, après la reprise d'Amiens, d'Aubigné, I. V, c. 1 , 1. 111, p. 455, édit. 1620.