DESCRIPTION DES ÉTATS DU DUC DE SAVOIE
il publia cette déclaration, il partit pour Grenoble, ordonna à Biron et à Lesdiguières de commencer les hostilités, et se prépara à les seconder lui-même.
Les États du duc de Savoie étaient partagés en trois grandes divisions territoriales. Dans la première, comprise entre la Bourgogne etie Rhône, se trouvaient la Bresse ayant Bourg pour capitale, le Bugey, le pays de Gex, le Valromey : à cette division peut se rattacher le fort Sainte- Catherine, élevé par le duc à deux lieues de Genève, à Teffet d'inquiéter cette république, et de favoriser les entreprises qu'il renouvelait incessamment pour la surprendre et la subjuguer. La seconde division se composait de la Savoie proprement dite, située en-deçà des Alpes, et où Von distinguait lés provinces de Tarentaise et de Maurienne; la capitale était Chambéry. La troisième division était formée au-delà des Alpes par le Piémont, ayant Turin pour capitale. Bourg était la place la plus forte en même temps que la capitale de la Bresse ; Moutmélian en Savoie était l'une des plus fortes places de toute l'Europe. La Savoie possédait encore plusieurs villes ou châteaux soigneusement fortifiés : Gonflans, qui défendait l'entrée de la Tarentaise; le château de Charbonnière, clef de la Maurienne, réputé inexpugnable et même inaccessible; le château de Miolans, les forts de Briançon et de Saint-Jacomont
Henri fit attaquer les États du duc sur deux points à la fois : du côté de la Bresse par Biron, du côté de la Savoie par Lesdiguières. Biron porta son corps d'armée sur Bourg le 1 3 août, deux jours après la déclaration de Lyon. Con-
» (lu dac, et tous les habitants des villes qui ouvriront les portes » dHcelles à Sa Majesté et à ses serviteurs. Entendant seulement que » les voyes d*hostilités se pratiqueront contre ceux qui porteront les » armes et favoriseront le duc de Savoye et ses adhérents. Défendant » tous sacrilèges, ravissements et violemments de femmes et de filles, » bruslements de maisons^ places et chaateauz, à peine de la via. »
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forméiuent aux honteux engagements qu'il avait pris avec le duc, il avertit le gouverneur de Bourg de la prochaine attaque des Français. Cette trahison fut inutile : les troupes royales, arrêtées par un obstacle imprévu, se présentèrent devant la place à un moment où le gouverneur ne les attendait plus, et surprirent la garnison : les officiers qui entouraient Biron, tout dévoués au roi et à Rosny, entraînèrent leur général à une attaque qui réussit, malgré lui, par leur intrépidité et par leur intelligence des opérations militaires. Les portes cédèrent à Texplosion d*un pétard qu'on y attacha, la ville fut prise, et le siège de la citadelle commença aussitôt *.
L'attaque contre la Savoie eut lieu en même temps. Elle prit tout le monde au dépourvu : le duc comptait sur ses intrigues, les gouverneurs et les habitants se reposaiei)^ ^ sur les négociations; ils furent frappés de surprise et d'épouvante. Le 13 août, la même nuit où la division de Biron s'emparait de Bourg en Bresse, l'avant-garde de Lesdiguières, conduite par Gréquy, son gendre, entrait en Savoie, et emportait d'assaut la ville de Montmélian, la forteresse restant à réduire. Le 14 août, le roi reçut dans Grenoble, àquelcjues heures de distance, la nouvelle de cette double conquête. De Montmélian, les troupes de Créquy se portèrent sur Chambéry, capitale delà Savoie, enlevèrent les faubourgs, et se logèrent aux portes de la ville. Le roi accouru le premier avec sa noblesse sur le théâtre de la guerre, se mit ù la tête de cette avant-garde, somma hardiment Chambéry de se rendre, et obtint sii soumission (20 août). La garnison, retirée dans le château, voulait s'y défendre ; mais cette résolution ne dura pas plus d'un jour. Lesdiguières venait d'arriver avec le
* Lettres Missives des 14 et 16 août, t. V , p. 278, 274. — Sully, CEcon. roy., ch. 96, t. I, p. 332, 333, — Thuuuus, 1. GXXV, § 2, l. VI, p. 33, 34. — P. Cayet, Ghron. septen., 1. lll, t. 11, p. 108.