‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 290 sur 344 · MARIAGE DU ROI AVEC UARIB DE HÉDICIS · texte numérisé non relu

MARIAGE DU ROI AVEC UARIB DE HÉDICIS

ses lettres patentes du 6 janvier 1600, il donna pouvoir au sieur de Sillery d'accorder le mariage entre lui et Marie de Médicis, nièce du grand-duc de Toscane. Le contrat fut passé le 25 avril : le 5 octobre, le grand-duc, muni de la procuration du roi, épousa la princesse en son nom. Peu de jours après, la nouvelle reine aborda en France et se rendit de Marseille à Lyon , où Henri la joignit le 9 décembre, pendant que ses négociateurs mettaient la «lernière main au traité avec le duc de Savoie. Le mariage fut consommé le même jour, et consacré le lendemain par les cérémonies de la religion. Le 27 septembre 1601, Marie de Médicis donna à la France un dauphin dont la naissance assurait la succession directe à la couronne, déconcertait et prévenait les compétitions dangereuses pour le repos public, contenait déjà en germe la naissance et le règne de Louis XIV. Ce ne fut qu'un mois après, le 27 octobre 1601, que la marquise de Verneuil donna le jour à un fils : d'où il résultait que les ennemis du dehors et les fauteurs de troubles à l'intérieur ne pouvaient s'aider même de la simple primogénitùre pour élever les prétentions du bâtard contre les droits du fils légitime *.

Le temps des révoltes semblait donc fini sans retour, et les derniers aliments enlevés à l'agitation fiévreuse qui avait possédé le pays depuis 1560. Cependant les années qui suivirent virent éclore sans interruption des complots. Les étrangers y trempèrent sans doute, mais dans une moindre proportion que les nationaux. Parti catholique exagéré, parti calviniste, grands seigneurs, courtisans, s'agitèrent de nouveau avec violence. Evidemment ils ne voulaient ni laisser prescrire contre les troubles, ni lais-

» p. Cayet, Chron. septen., 1. III, t. II, p. 81 A, 115, 116. Il y a une erreur de date à la page 115 : il faut lire 25 avril et non i5 août. Plus 1. IV, p. 165 B. — Thuanus, 1. CXXV , GXXVl, t. XUI, p. 55«-5Gl, 649, 650 de la traduction.— Sully, Œcon. roy., cli.i04, t. I, p. H74 B. — Biogr. univers., t. XLVIII, p. «49.

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ser la masse de la nation se reposer dans la paix définitive dont la naissance du dauphin donnait le signal. Leur ambition raisonnait juste. En effet une fois que les idées d'ordre, les habitudes de calme se sont enracinées chez un peuple ; quand les arts de la paix se sont fortement emparés de lui, ont absorbé et employé son activité tout entière, alors, souvent pour un demi-siècle, les ambitieux et les esprits inquiets qui poussent les masses aux révolutions, ne les trouvent qu'inertes oii rebelles sous leur main.

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