LEURS EFFORTS POUR SUSCITER UN VASTE SOULEVEMENT
gue ; Biron, joint aux Espagnols et aux Savoyards, sur la frontière àfi Bourgogne ; Bouillon, réuni aux parents et aux amis de Biron, dans les provinces du midi. Au premier abord on conçoit et on explique difficilement Tunion de ces hommes, le rapprochement tenté entre ces partis. Biron agissait au nom du parti catholique exalté dont il se portait le chef : Bouillon stipulait pour le" parti protestant où il avait la principale autorité, et dont il poursuivait le protectorat. Toute contradiction disparaît, toute diflBculté est levée, quand on voit par le témoignage des historiens et par les faits subséquents, que les conjurés prenaient pour point de départ de tous leurs projets, pour article fondamental de leur pacte, le démembrement du royaume, et la complète indépendance, chacun dans sa région, des partis catholique et protestant. Cette combinaison, mise en avant par Biron comme un leurre aux réformés, avait été prise au sérieux par Bouillon, qui croyait le moment venu de substituer la coalition à l'antagonisme des passions et des intérêts.
Tandis que Biron faisait jouer ce ressort, ses émissaires, répandus dans les provinces, mettaient tout en œuvre pour exciter les passions religieuses chez les catholiques. Depuis redit de Nantes, les anciens ligueurs feignaient de croire, et les catholiques ardents se persuadaient, que les garanties accordées par le roi à la Réforme étaient le signe certain et le prélude des attaques qu'il projetait contre leur religion. Les agents de Biron leur criaient que la foi était en |)éril, et qu'ils n'avaient d'autre moyen de la sauver que de prendre pour chef le maréchal, h la piété et au zèle duquel ils devaient se confier. En effet il jouait depuis quelque temps le rôle de saint personnage, et il était passé de l'athéisme dont ilfaisait autrefois prc^fession presque ouverte, aux pratiques de la dévotion la plus outrée. Il prodiguait les prévenances et les respects aux moines ; il ne rencon-