NOUVEAUX EFFORTS DU ROI POUR SAUVER BIRON
conduite généreuse du roi tendait encore à ébranler. D'abord pour l'arracher aux Espagnols et aux Savoyards, Henri l'appela auprès de lui, le surveilla lui-même, se fit accompagner par lui dans son voyage de Calais, le mit dans la charte-privée de l'aflFection et de l'intimité. « Le » Roy, disent les contemporains, pour ne le perdre, le » tenoit auprès de luy, et l'avoit.mené reconnoistre la » frontière. )> Cette première tentative de l'amitié réussit mal : dans le même temps que Birou était aux côtés du roi, il envoyait un homme exprès en Espagne, pour suivre ses coupables négociations avec cette cour *. Henri ne se découragea ni se rebuta. Il n'y a que les ministres du temps, confidents et complices du roi pour le salut de Biron, qui nous mettent pleinement dans le secret nonseulement de ses actes, mais de ses intentions, pour empêcher le maréchal de se perdre. « Le Roy, dit Sully, » durant son séjour à Calais, reçut de certains advis des » siens alfidez serviteurs, que M. de Biron continuoit à » tesmoigner de grands mécontentemens, voire usoit de » langages et de procédures qui dévoient faire croire qu'il » faisoit de mauvoises pratiques et menées, et projetoitde » pernicieux desseins, contre lesquels il estoit besoin de » préparer des remèdes. Commençant par ceux les plus » conformes à son humeur, il essaya de le regagner par » bienfaits et distributions de nouveaux honneurs. » Il savait que son jeu effréné le laissait à tout moment sans ressources, le réduisait aux expédients : pour que la détresse ne le poussât pas à la révolte, il lui accorda, malgré l'extrême pénurie où se trouvaient lesfinances au sortir de la guerre de Savoie, un don de 90,000 livres du temps, plus de 324,000 francs d'aujourd'hui , et cela en dehors des émoluments de ses diverses charges. Au mois de septembre 1601, il l'envoya en ambassade extraordinaire à 1 Matthieu, Histoire de Henri IV, 1. Hl, p. 498.