‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 309 sur 344 · LIV. VI. CII. 11. AMBASSADE DE BIRON EN ANGLBTERBE · texte numérisé non relu

LIV. VI. CII. 11. AMBASSADE DE BIRON EN ANGLBTERBE

la cour d'Angleterre, poste où Biron trouvait rhonneur de représenter le roi et le pays victorieux de leurs ennemis, le profit d'un traitement extraordinaire et de riches présents, l'avantage inappréciable pour lui de passer des mains de Henri lY dans celles d'Elisabeth; de recevoir de cette princesse, comme le roi en était assuré d'avance, des conseils et des instructions pour se bien diriger et rentrer dans le devoir; d'apprendre enfin par un récent et tragique exemple, par un spectacle qui devait être mis sous ses yeux mêmes, quel châtiment attendait les sujets coupables de haute trahison , après qu'ils avaient dédaigné ou épuisé la clémeuce. Dans l'une des entrevues de Biron avec Elisabeth, la reine le tenant par la main, luinnontr^ un grand nombre de têtes sur la Tour de Londres, entre autres celle du comte d'Essex, que le maréchal avait connu, lui dit que c'était là la justice qu'on faisait des rebelles en Angleterre, et ajouta pour commentaire : «Tout ce qu'un prince peut dire et faire pour l'amour d'un sujet, je l'ai dit, je l'ai fait. Je l'avais élevé de la poussière , et lui avais donné en partage l'autorité de mes commandements. Mais comme où il y a plus d'obligation et de devoir, l'ofiFense et le crime sont plus grands, quand j'eus reconnu en lui tant d'effets d'ingratitude, d'infidélité et de trahison, je crus que je ne pouvais éviter la justice de Dieu, si je ne faisais voir un exemple de la mienne sur un si méchant homme. Je ne fis juger et exécuter ce misérable, sans lui donner du temps pour recourir à ma miséricorde , et se repentir. Si parmi les indignations de ma justice, il eût montré Thumilité et la contrition de la repentance, j'étais satisfaite : ses larmes m'eussent fait pleurer, et sans mentir, je lui eusse donné la vie, dès qu'il aurait reconnu qu'il avait mérité la mort. II fallait que son ambition et son arrogance passassent par les mains d'un bourreau, puisqu'il ne voulait pas passer par les miennes. Dieu veuille

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