AVIS D'ELISABETH. LA. PIN ET RENAZÉ SACRIFIÉS
(jue le roi mon frère se trouve bien de la clémence. Par ma foi, si j'étais en sa place, on verrait des têtes coupées aussi bien à Paris qu'à Londres. Pour moi, je n'aurai jamais pitié de ceux qui veulent troubler un État, non plus que des loups *. » Tout dans cette cour d'Angleterre portait enseignement pour Biron : les sévères paroles d'Elisabeth, ses avertissements indirects, le châtiment du comte d'Essex devaient faire rentrer le maréchal en luimême, le frapper d'une terreur salutaire. En France, quand il y revint, il reçut de l'inépuisable bonté du rgi, ce qui aurait fléchi et touché tout autre cœur que le sien.
En effet) Henri ne se départit pas un seul instant à son égard du système de longanimité généreuse dont il avait usé jusqu'alors, et dans l'espoir de le ramener enfin, il enchaîna les unes aux autres les faveurs et les distinctions, en même temps que les avertissements, a Au re- » tour du maréchal de Biron en Angleterre, le Roy, » ajoute Sully, par une'débonnaireté sans pareille, conti- » nua à s'obstiner à le vouloir sauver, en lui faisant passer » ses folles fantaisies de présomption , par une continua- » tion de faveurs, honneurs et bienfaits. Il l'envoya en- » core ambassadeur en Suisse, pour jurer le renouvelle- » ment d'alliance avec celte nation , espérant que les » exemples et les enseignements de ces grands politiques )) lui donneraient envie de le devenir, et de régler son es- » prit et ses désirs *. » Biron, d'après sa pratique constante depuis un an, n'usa de ce nouveau bienfait, calculé dans son intérêt, que pour poursuivre plus activement la perte du roi et la subversion de sa patrie, en donnant à la
> Lettre Miss, du roi du 5 septembre 1601, t. V, p. 463. a Demain, » M. de Biron part pour l'Angleterre. » — Sully, OEcon. roy., ch. 103^ t. \, p. 367 B-369. — P. Matthieu, Histoire de Henri IV, I. II, p. 419, 420 ; l. III, p. 493. — P. Cayet, 1. IV, p. 164 A.
* Sully, (Econ. roy., ch. 108, t. I, p. 869 A.