LIV. VI. CII. 11. SOULÈVEMENT A LIMOGES
par les Notables assemblés à Rouen. D était indispensable, puisqu'il avait seul permis, en 1597, de rétablir l'équilibre entre les ressources et les dépenses, et que depuis lors les charges publiques s'étaient accrues par suite de la guerre de Savoie. Bien qu'il n'eût été voté que pour trois ans, il était plus légal que tout impôt d'un produit pareil destiné à le remplacer, puisque ce dernier subside devait être décrété par l'autorité royale toute seule. Mais FimpAt du sou pour livre contrariait des idées et des habitudes enracinées ; il était odieux en qualité dç nouveau, et insupportable aux populations du midi de la France. Au commencement de 1 602 , son maintien et sa levée occasionnèrent des troubles dans diverses localités ; et deux grandes villes. Tune dans le parti catholique, l'autre dans le parti protestant, donnèrent l'exemple de le rejeter. € Limoges et la »> Rochelle, disent les contemporains, s'en défendoient » de vive force , et les autres estoient prestes à suivre ce » bransle.... Ceux de Limoges s'eslevèrent contre les » commissaires, et furent en chemin de se révolter » contre le Roy. » L'agitation était partout, l'esprit de désobéissance prenait des proportions alarmantes , et montrait dans un prochain avenir la menace d'un vaste soulèvement '. Ainsi les conjurés espéraient opposer Teffort des masses à la puissance royale, au moment où ils .entreraient en lutte avec elle.
Ils ch(Tchèrent à donner des chefs à cette multitude, et se flattèrent d'en trouver, en réunissant dans des assemblées secrètes, et en poussant à prendre les armes une classe nombreuse des gentilshommes de la Guyenne, et surtout du Périgord. Le Périgord, au rapport de de Thou, était une contrée si peuplée de nobles qu'à peine pouvaitelle les contenir; et si inquiète, que, depuis la conspira-
* Sully, CEcou. roy., p. 393. — Matthieu, page 481. — D'Aubigné Hiit. uiiiv., t. Ul, 1. V, ch. 11, p. 493. — Mezeray, t. HI, p. 1244.