‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 315 sur 344 · AGITATION A LA ROCHELLE ET EN PÉRIGORD · texte numérisé non relu

AGITATION A LA ROCHELLE ET EN PÉRIGORD

tion d\\mboise, tous les complots de quelque importance avaient été ourdis dans ce pays, et par des gens du pays. Biron, l'un des quatre premiers barons de Périgord, comptait dans cette province , ou dans les provinces voisines dépendant du gouvernement de Guyenne, mille gentilshommes pour parents ou pour vassaux. A son retour de l'ambassade d'Angleterre , il les avait visités , et avait été honoré par eux comme un prince. Entre cette démonstration, et des démarches plus décisives de leur part, le jour où éclateraient ses desseins , il lui semblait qu'il n'y avait qu'un pas, et il chargea l'un de ses parents de le leur faire franchir, tandis qu'il retournait en Bourgogne pour êti'e plus près du duc de Savoie, et concerter ses dernières mesiu'es avec les étrangers. En son absence, le baron de Bénac, aîné de leur famille, tint en Périgord des assemblées de noblesse, où la violence des discoiurset lies propositions présageait une prochaine révolte *.

Biron observait cette agitation, et se préparait à la seconder. Il n'était pas venu rendre compte au roi de son ambassade de Suisse. B restait dans son gouvernement de Bourgogne, prétextant la tenue des États du pays, occupé réellement à corrompre ses garnisons, à entraîner de gré ou de force Dijon et Beaune dans le parti de la révolte, à préparer sa jonction avec l'élranger, et quand il l'aurait opérée, à prendre lui-même les armes et à se mettre à la tête du mouvement. Les Espagnols et les Savoyards approchaient des forces considérables de la frontière, avec le

* La Relation contemporaine dans P. Cayet, 1. V, p. 198 A. Parole de Biron dans son discours au chancelier : « Que diront mille gentilsn hommes mes parents? » — P. Matthieu, 1. III, p. 493. « Au retour » d'Angleterre, le duc de Biron fit un voyage en Gascogne où il fût » visité et honnoré de la noblesse du pays comme un prince. » — Thuanus, 1. CXXVIII, § 1, t. VI, p. 130. Après avoir donné sur Véiai du Périgord les détails contenus dans notre texte, il ajoute : « Benacus, » familiœ suœ princeps, in 111a proviucia, per absentiam Bironi,-.. res » no vas agitare credebatur. »

588 MV. VI. cil. 11. PRÉPARATIFS DE BIRON ET DES ÉTRANGBRS.

double dessein de propager rinsurrection, et de se saisir des contrées et des villes françaises à leur portée. Spinola, avec un corps de huit mille hommes, nonvellement levés dans le nord de Tltalie, et destinés en apparence à passer dans les Pays-Bas, s*arrètait au pont de Grézin sur le Rhône, à l'entrée de la Bresse, prêt à donner la main à Biron, et menaçant Lyon en même temps. Le comte de Fuentes resté à distance dans le Milanez avec les vieilles bandes espagnoles, disposait tout pour joindre ses troupes à celles de Savoie, et pour envahir la Provence et le Dauphiné. Les gouverneurs espagnols de T Aragon, de la Navarre, du Roussillon, concentraient dans ces pap d'autres forces qu'ils devaient jeter sur la Guyenne et sur le Languedoc. Un armement naval considérable, composé de vaisseaux du Portugal, de l'Espagne, de Pltalie, était destiné à agir contre notre littoral dans la Méditerranée. Enfin des émissaires de l'Espagne et de la Savoie parcouraient en secret les villes du midi, surtout celles de Provence, achetaient tous les gens sans aveu, et dressaient des intelligences pour le moment où ces deux puissances attaqueraient à force ouverfi? le royaume *. Cet exposé

» V. Cayet, 1. V, p. 1S5 A — Matthieu. IlUt. île Henri IV, 1. III, p. 493, 505. — Lettres Missives du roi des 22 avril, 13 mai, 22 juin 1602, t. V, p. 576, 577. 591, tiiO. « Les trois tils aisnez du duc de Savoye M passent en Espagne sur les galères, et ne parle-t-on à sa cour et à M Milan que de la guerre que le Roy d'Esi>ague me doibt commencer » de fair»'. Us lèvent encore au diel Milan deux régimens de pens de » pied, ouUre les huict mille de Spinola ; tellement qu'il est besoing » que nous pensions à nous... Les forces levées par le marquis de i) Spinola en lEstat de Milan, qui doivent faire huit mille hommes, » sont partis et peuvent estre maintenant au pied du petit Salnt- » Bernard, pour passer eu la Tarenlaise, et fondre au pont de Grezin » sur le Rosne... Les Espa;2uols préparent encore en toute dili«>ence » d'autres forces bien plus grandes par terre el par mer. tant )» en Italie quen Espagne et Portugal, avec une grande quantité de M biscuits, d'armes et instruments de guerre... Je ne laisse pas de me » delïier de ces forces du costé de la Provence, en laquelle je descou- » vre tous les jours quelques nouvelles pratiques d'intelligence dressées

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