PROJET ET ATTITUDE DU PARTI AHISTOCRATIQUE
exact des plans et des ressources des conjurés, des projets et des préparatifs des étrangers, montre le complot de Biron dans ses véritables proportions, que les historiens modernes n'ont pas même soupçonnées.
Nous avons suivi la marche de la conspiration jusqu'à son plein développement, et jusqu'au moment où elle pouvait espérer d'être secondée à la fois par le soulèvement des villes du midi, et par l'eflPort des Espagnols et des Savoyards. D faut maintenant nous reporter quelques mois en arrière, au commencement de Tannée 1602, et voir par quels moyens elle fut combattue. Le complot et les .mesures de répression peignent également les mœurs publiques et l'état de la société- à cette époque. Que le gouvernement du roi ne put empêcher ni les préparatifs ni les intrigues des étrangers contre la France, cela est par trop évident. Qu'il fût impuissant à empêcher la conspiration de se former à l'intérieur, c'est ce que l'on reconnaît plus difficilement au premier abord, et ce qui n'est pas moins hors de doute. L'ordre public n'avait encore aucune garantie préventive. La haute aristocratie, et même la simple noblesse tenaient du. moyen âge une prodigieuse liberté de déterminations, encore accrue pendant nos longues guerres civiles : une fraction de la classe des gentilshommes avait pleine facilité pour préparer impunément des troubles. Tout ce que pouvait faire le gouvernement, avec l'aide de la police qui commençait, c'était d'observer les menées, et de réunir à temps une force militaire suffisante, poiu* combattre le premier effort de ses ennemis, l'insurrection à sa naissance. Le roi fut instruit par ses officiers, et par les agents qu'il entretenait dans les provinces, surtout dans les provinces éloignées,
» en leur faveur. » Le roi oe peal parler de ces préparaliis et de ces menées des ennemis, qu'au fur et à mesure qu'il les découvre, et plusieurs mois après leur commeucement.
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des ecHDplots de Bin>Q depuis leur origine, des pndîqoes des étrangers, et il ne laissa prendre an dépourvii ni fanmême, ni le corps social '. Entouré d'enneoiis an dedans et au dehors, il les vainquit ou les désarma fous; seï maintenir tout ensemble la paix puMîqne, rinté^rité dn territoire, Tunité nationale, fautorité de la cooroiiDe qui importait j^us encore à la France qn*à loi-nmne; deployant dans cette lutte toutes les qualités qui aTaientfaà jnsqu^alors le succès et Thonnearde son rè^ne, Thabilelé. la décision, la modénlîott, la clémence perséréraBle jusqu'au bout.
U n'avait encore que des indications générales sor la conspiration : il voulut et parvint à en connaîtra le fend et les détails, seul moyen de se conduire avec discernement, et d'agir à coup sur. Le secret lui fut révélé par La Fin. l'un des auteurs du com|^. et pmdant nn an le principal agent de Biron. Le crime se reionma et servit ainsi contre lui-même. Nous avons vu que vers le niilieii de l'année 1601, le maréchal avait sacrifié La Fin aux exigences du comte de Fuenles. et l'avait remplacé par le i^aixtD de Lux. De là désespoir de La Fin. qui s'était promis un grand etabli>c^aient comme prix de s«>n entiv^ mise et de ses negixiations. Le rc»i. instruit de son mécontentement, lui manda de se rendre à ia cour, espérant tirer de lui l'aveu et rexpose de toute la conspiration. La Fin informa le maréchal des ordres du roi ; le pcevint qu'il ne pouvait être désormais son sénateur, s'il ne lui
•• Sollv, iXioa. roy., ch. î:9. r». 3:?5 A. ' !t<îi. b? Ro j pe->?ti: quin*
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LE nOl REÇOIT DES PREUVES ÉCRITES DU COMPLOT. 591
rendait Renazé qui lui était cher, ajoutant qu'il désirait savoir de lui ce qu'il devait dire des choses passées. C'était un ultimatum, et une tentative de réconciliation entre eux. Biron lui répondit qu'il ne lui parlât plus de Renazé, non plus que d'un liomme qui n'était plus au monde ; qu'il se défît de tous ceux qui avaient fait des voyages avec lui ; qu'il brûlât ses papiers ; qu'il donnât le change au roi en lui disant que toutes les négociations ouvertes avec les étrangers n'avaient eu pour but qu'un projet de mariage avec l'une des filles dn duc de Savoie, projet abandonné par le maréchal, depuis qu'il avait reconnu que cette union déplaisait au roi K Ainsi Biron condamnait à mort tous ceux qui l'avaient servi autrefois, parce qu'ils pouvaient maintenant le compromettre, et demandait à La Fin de se souiller et de se charger d'une suite d'assassinats, pour ajouter à sa sûreté : la perversité et l'égoïsme ne vont pas plus loin. Sa folle confiance paraît égale, quand il refuse son intervention pour sauyer jtenazé et contenter La Fin ; quand il ne trouve pas une parole pour s'engager à payer les anciens services, et à acheter maintenant la discrétion de La Fin, par une éclatante récompense. Mais cette présomption s'explique : il le croyait lié au silence par le danger des révélations ; par l'impossibilité d'obtenir grâce pour des complots énormes, dans lesquels il avait une si grande part de complicité. La Fin, poussé à bout, résolut de se venger et de perdre le maréchal.
Instruit par son neveu, le vidame de Chartres, qu'il pouvait en toute sûreté pour sa vie et sa liberté se rendre à la cour, il vint à Fontainebleau au mois de mars 1602, à la fin du carême. Il exposa au roi et à quelques membres de son Conseil tout le progrès de la conspiration.
i MatUiieu, HUt. de Henri IV, 1. Hl, p. 493, 494*. '^ U RelaUcn cootempor&ine daos P. Cajet, 1. V, p. 184 B.