‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 317 sur 344 · LIV. VI. CH. II. CLEMENTES DISPOSITIONS DU ROI · texte numérisé non relu

LIV. VI. CH. II. CLEMENTES DISPOSITIONS DU ROI

Henri tenait pour indubitables les pratiques de Biron contre son autorité et contre la France ; mais il refusa d'abord de croire à l'excès de ses crimes et de son ingratitude : les âmes élevées par le sentiment même de leur grandeur, admettent diflficilement chez les autres la complète dégradation. Quand La Fin eut mis entre ses mains les mémoires et les lettres du maréchal, il fallut qu'il se rendît à l'évidence « et il fut contraint d'en croire plus » qu'il n'en désiroit, » comme parlent les historiens du temps. L'immensité des torts de Biron reconnue, avérée par lui, ne lassa ni n'épuisa sa clémence, et il resta dans la disposition de lui accorder son pardon, à lui et à ses complices , pour peu qu'ils s'en montrassent dignes. « S'ils pleurent, dit-ils, je pleurerai avec eux. S'ils se » souviennent de ce qu'ils me doivent, je n'oublierai pas » ce que je leur dois. Ils me trouveront aussi plein de clé- )) mence qu'ils sont vides de bonnes affections. Je ne vou- » drois pas que le maréchal de Biron fût le premier exem- /> pie de la sévérité de ma justice, et qu'il fût cause qu^ » mon règne, qui jusqu'à présent a ressemblé à un air » calme et serein, se chargeast tout soudain de nuées, de » foudre et d'éclairs *. » Mais pour faire grâce à ses ennemis, il faut les avoir mis à ses pieds, et Henri eut d'abord à les abattre.

Le danger était partout, et le roi fit face partout, avec une décision, une promptitude, une habileté merveilleuses. Les mesures qu'il prit tendaient à la fois à retenir dans le devoir les populations des provinces du midi, disposées à un soulèvement ; à comprimer les conjurés, et à les empêcher d'user des forces dont ils disposaient personnellement pour se mettre à la tête du mouvement insurrectionnel et se joindre aux étrangers; enfin à opposer

1 D'Aubigué, t. III, 1. V, ch. 11, p. 493. — Matthieu, ibid., p. 494, 495. — La Relation cou tempo raine, dans Cayet, p. i84, 185:

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