‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 318 sur 344 · MESURES QU*1L PREND POUR CONJURER LE DANGER · texte numérisé non relu

MESURES QU*1L PREND POUR CONJURER LE DANGER

aux Espagnols et aux Savoyards une force militaire assez grande pour les contraindre à respecter notre territoire et les traités de paix, et à ne pas rejeter la France épuisée dans la guerre dont elle sortait à peine. Pour soulager les finances épuisées^ il avait licencié plus de la moitié des troupes qui avaient fait la guerrie de Savoie. D concentra promptement une partie des soldats qu'il avait maintenus sous le drapeau, en forma un gros corps, Vappela près de lui, donna ainsi à l'autorité royale la force dont elle a toujours besoia de s'appuyer, quand elle veut être respectée et obéie, même dans l'exercice le plus légitime et le plus modéré de sa prérogative *. Peu après, il remplit les cadres de l'armée par de nombreuses recrues faites dans l'intérieur du royaume. Il manda en outre à de Vie de lever sans délai et d'envoyer six mille Suisses, commandés f»ar les colonels Galaty et Heid : la moitié de ces stipendiés éti^gersdut être distribuée dans le Daupbiné, la Provence, le Languedoc ; et l'autre répartie en Bourgogne , Champagne et Picardie : elles reçurent l'ordre en outre de combiner leurs opérations avec les troupes françaises. Il veilla à ce qu'une formidable artillerie, tirée des arsenaux de Paris et de Lyon, fût dirigée sur les points menacés, et particulièrement sur la Bourgogne. La Provence et le Limosin exigeaient de sa part une attention particulière. Il envoya en Provence douze compagnies tirées des divers régiments français, et manda au duc de Guise de se rendre en toute hâte dans son gouvernement, pour délivrer les villes du double péril qui les pressait, et déjouer à la fois les intelligences et les attaques de l'étranger. Il dépêcha le duc de Ventadour dans son gouvernement de Limosin, pour prendre et arrêter dans son principe l'émeute de Limoges, et maintenir l'ordre public

^ Voyez ci-aprèâ l'appareil militaire dont il est eotouré dès le commencement du voyage de Blois et de Poitiers.

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dans le pays. Il écrivit an gouvcmeui éa Ly qui comptait passer Tété dans ses terres, de Lyon, et de mettre cette place dans un td étal de i que les Espagnols et les Savoyards, qm se TUtâoit it l'enlever par un coup de main, padisaent jiisqii'*à Forne de l'insulter. Il enjoignit à Lesdigoiëres de monter à dbtval au besoin, de donner seoovns aa gomeiueur àt Lyon, à son premier avis , et d'observer en onlie les dé marches de Spinola et de son armée. Enfin S dirigea m Bourgogne le maréchal de Lavardin avec un corps it trois mille hommes, composé en partie de vieux siÛats, en partie de deux régiments nouvellenient levés par Bom;^ Lespinasse et Nérestan : ces troupes, après avmr assoie la province au service du roi, devaient se porter jusque sur la rive du Rhône, et défendre Fentiée du royanme contre les Savoyards et les Espagnols de Fuent^ sUs tentaient d'y pénétrer '. Par ces mesoies combinées.

^ I^ettreB da roi depuis le 15 avril S60i joaqn'm It joiOet fM2,t. T, p. 57&-630. Les préparatifs on l'exécatioD enUëre des faite mentioiiDèi

dans li's lettres sout tous aDtérieui^ à la date où ces lettres soDt h'siUtA, comme on le voit par le tt*moignage des historiens contem- I)or;iiurf ttl principalement de Matthieu, I 111. p. 505. Voici des extraits d<; la corrr'spondance du roi sur les mesures prises par lui aosâUNt aprèï' l<'s révélations de La Fin. — 15 avril 1602, p. 575. « J'aj envoyé »> en la iiosUi de Provence dix ou douze compagnies de mes rèa- » lui'.us, pour aider à garder mes places qui y sont en assez mauvais »• entât. — Î2 avril, p. 577. Je vous prie de dire de ma part à mon nepveo »» l<i duc de Gui-fe qu'il ne retarde plus à partir. — i9 avril, p. 5Si. Je » suis très-aii»e de la bonne résolution que mon nepTéa le doc de w Oui-:e a prise de s'acheminer en son fîouvemement par vostre bon M consfMl. Quand mon cousin le duc de Ventadour sera arrivé, je le »> depericheray promi»tement afin qu'il s'en aille au vostre (du Limosin " en I^nfruedoc). Après avoir muni les places de Provence et de o Languedoc, et celles de Guyenne de ce qui leur iaict besoin, le w principal et le plus seur est, ainsy que vous m'avez escripl, de dresser n promptement un corps de troupes dans mon royaume, pour secourir w les endroits qui en auront besoin. Jay estimé devoir y pourveoir au n plus tost, et, pour ce faire, le composer de Suisses, parce que je les » auray plus tost levez, et qu'ils apporteront moindre foule et oppref-

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