‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 319 sur 344 · DÉPART DU ROI : SON VOYAGE DANS LES PROVINCBS DU MIDI · texte numérisé non relu

DÉPART DU ROI : SON VOYAGE DANS LES PROVINCBS DU MIDI

Henri tint à la fois en respect les étrangers, les provinces et les villes agitées, les chefs de la conjuration, et plaça en particulier Biron entre une. division française et une armée de Suisses.

Tandis que ces ordres s'exécutaient, que ces forces se rassemblaient ou se mettaient en mouvement, le roi se^ rendait dans les provinces du Midi , convaincu que sa présence et ses franches communications avec les peuples séduits et égarés, pourraient autant que ses armes poiur conjurer le danger. Il partit de Paris le 17 avril 1602, bien accompagné. Il séjourna quinafe jours à Blois, où il appela le comte d'Auvergne, les ducs d'Epernon, de Bouillon, de la Trémoille. Il soumit le comte d'Auvergne à une exacte surveillance, et s'assura ainsi de l'un des chefs du complot. Il conféra avec d'Epernon, Bouillon, La TrémoiÛe, et sans leur laisser même soupçonner les révélations de La Fin, sans les entretenir d'autre chose que des vagues rumeurs qui circulaient à la cour sur des menées secrètes, il sonda leurs dispositions et leurs desseins. Le duc d'Epernon s'engagea à rester six mois auprès de lui, et à lui donner sa tète pour gage qu'il n'entrerait dans aucune révolte armée. Les ducs de Bouillon et de La Trémoille au contraire partirent pour leurs terres de Limosin

» sion aa peuple ; et aossy que je pourray facilement fortifier ce corpt » de François, s'il eai besoin de ce faire... J'ay ad visé de lever deuj » régimens (Suisses) de trois mille hommes chascun. L'un pourra ser- » vir du costé de Dauphiné, Provence et Languedoc, et Fautre es pro> » vinces de Bourgogne, Champagne et Picardie. Ce renfort sera » suffisant avec nos François, pour résister à ceux qui m'attaqueront. — » iS juillet i60S. J'entends que le duc de Savoye a commencé à pré- » parer des forces et à demander secours au comte de Fuentes, lequel » on dict en avoir fàict soudain assembler et marcher.... Xay com- » mandé au mareschal de Lavardin^sur Tadvis que j'ay eu de ces >i préparatifs et advancement des dictes forces, d'aller vers la .rivière » du Rosne avec deux ou trois mille hommes, pour deffendre rentrée » de mon royaume, et me garder de surprise. » On trouve les autres détails dans Matthieu, Hist. de Henri IV, \. III, p. 495, 496, 505.

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et du Poilcm, les deux ]

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que sur les pas de La TcémoiDe,

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part du pouvoir '•

Quelques jours après scn entrée à ] voya le 25 mai le président de Jamhlemlle A ] Roeny à la Rochelle^ en les duargeant de tât que de réprimer lès trouUes j Jamblevilie , magistrat d'un modéré, se borna à punir quatre de montrés les plus échauffés dans la i à destituer les consuls qui étaient en où elle avait éclaté : tout rentra dans roidre, Fc fut rendue aux justes commandements do rai, TmÊgH refusé jusqu'alors fut acquitté. SuUy éooatm lee rédoMtions des habitants de la Rochelle ocmtie la peneerte» ^ lf*H iimona h la recevoir, en leur donnant l'assurance quV^lIft Honiit promptement supprimée. Le roi reçut luitiiAiim le» (lépututions des provinces de Poitou et de (iuy<)iiii(^ chargées des supplications de leurs concitovens cîi hî <!oiijurant d'abolir le sou pour livre. Au lieu d'in- V(W[U(T le droit et d'en appeler à la force, il parla à la raiKoii ot s'adressa au cœur. Il leur dit : « Qu^il savoit » bien ({uo plusieurs mal affectionnés à son service pu- » blioiiïiit que sou voyage avoit uniquement pour but de » leur donner des garnisons et de faire bâtir des citadelles,

' lii'.ttrcH du roi des 16, 25, 29 avril, 17, 23 mai 1609^ t. V, p. 575, 579, 588, 590-599. — Sully, (EcoD. roy., ch. 109, p. SOt'^ S94. -^ Suppléniotit au Registre de Lestoile, rédigé par un contemporain inaimit des moindres détails, p. 333 A. « I^ Roy vint en grande a gnie en Poictou. »

LE SOULEVEMENT PRÉVENU PAR l.E ROI DANS LES AUTRES PROVINCES 597

» lâchant, sous ces faux prétextes, d'exciter quelque émo- » tioù et mutinerie parmi le peuple ; mais que les cita- » délies qu'il vouloit faire, ne seroient jamais bâties que » dans le cœur de ses sujets. Il ajouta que de tout temps » le peuple de France avoit été tenu de secourir là cou- » ronne dans ses nécessités, TÉtat dans ses besoins ; qu^il )) falloit donc qu'ils supportassent le faix des impôts aussi » bien que les autres provinces du royaume. Mais il dit » en terminant qu'il vouloit le contentement de son peuple; » et que jamais aucun de ses prédécesseurs n'avoit, autant » que lui, 'souhaité leurs prières à Dieu poiu* bénir les » années de son règne. » C'était assez leur annoncer que si l'obéissance restait à la loi^ il aviserait promptement, dans sa sagesse et dans son amour pour son peuple, à le délivrer d'un subside qui lui était odieux. Sa voix fut écoutée, la pancarte fut rétablie partout, et quelques mois après il la révoqua et l'abolit, remplaçant cet impôt par une légère augmentation de la' crue extraordinaire des tailles, et du droit d'entrée sur quelques marchandises dans un certain nombre de villes. Dans le temps même qu'il calmait l'effervescence produite par le sou pour livre, il s'expliquait avec les réformés, leur démontrait la chimère des intentions et des projets qu'on lui avait supposés conti'e eux, dissipait leurs ombrages et leurs craintes, et recevait les assurances de leur fidélité à son service *. Par ces actes et ces démarches, il supprima toutes les causes de mécontentement, et l'appui que Biron et Bouillon auraient

» p. Gayet, Chron. sept., L V, p. 181 B, 183 A. — Mézeray, Hisl. (le France, t. HI, p. 1*44. — P. Matthieu, HUt. de Henri IV, liv. HI, p. 481, 496, 540. « Le Roy révoqua rimposition du sol pour livre qu*on » appeloil la pancarte. Q ne voulut pas que ce grand allégement sur- » prit les cœurs de ses subjects, déclarant sa volonté quelques mois » avant qu'elle fut exécutée. » Anciennes lois franc, t. XV, p. 276-278. La pancarte fut abolie le 10 novembre 160Î,— D*Aubigné, Hist.univ., t. III, 1. V, ch. 11, p. 493. « Le Roy reçoit les asseurances des Reffor- » mez. »

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Le 14 mai, il L" avilit invite a le vrcir tTMiTer, j»r une lettre encore saki^tante aujo-onrhuî. Dans cette lettre, il «e fDf'iQtrait anime des mèine< sentimeiits qu'u av^t ex- [^m-^ six semaines aaparavanî, L«:r? Je la découverte de la coQJoratitjo. n'»>al'Iiimt f>a<. ovcioie il lavait dit, ce

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