‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 44 sur 344 · LIV. V. GH. II. RECONNAISSANCE EXPRIMÉE AU ROI PAR SES SERVITEURS · texte numérisé non relu

LIV. V. GH. II. RECONNAISSANCE EXPRIMÉE AU ROI PAR SES SERVITEURS

lieu de la plaine, où Biron et ses autres serviteurs vinrent le trouver. Tous exaltaient son jugement et sa bravoiure, tous proclamaient qu'à lui seul était due la victoire. Il dit au maréchal Biron « Qu'il l'avait échappé belle, et que ce » jour-là il avait été son compère et son parrain. » La Curée , embrassant les genoux du roi qui était à cheval, s'écria : « Sire, il fait bon avoir un maître qui vous res-* » semble, car il sauve au moins une fois le jour la vie à » ses serviteurs. J'ai reçu aujoiu'd'hui deux fois cette grâce » de Votre Majesté, l'une en ce que j'ai participé au salut » général , et la seconde quand il vous plut me crier : » Garde La Curée ! » Le roi répliqua : « Best vrai; voilà » comme j'aime la conservation de mes bons serviteurs *.» Tel fut le combat de Fontaine-Française, livré le 5 juin 1595 ^. On l'a comparé à la rencontre d'Aumale : il n'y ressemble en rien. A Auraale, le roi n'avait autour de lui que six mille hommes, et ce corps suflSsant pour harceler, pour arrêter dans sa marche l'armée du prince de Parme, ne pouvait sans témérité se mesurer contre elle. Ajoutez que ce ne fut pas du tout avec le gros de ce corps, demeuré à Neufchâtel, mais avec une très-faible partie, avec cinq cents cavaliers, que Henri, ayant négligé de faire faire une reconnaissance par ses maréchaux de camp , en vint

* Discours victorieux, p. 14. « Sa Majesté estant en la place d'où » elle estoit partie , retourna de rechef , et se mit en deux trouppes » avec ledit sieur mareschal. » — Matthieu, 1. I, p. 188. « Si le con- » nestable de Castille eut creu le duc de Mayenne el passé la Vinn genne , le roy se fust trouvé foible. » Mém. de Tavannes, t. VIII, p. 500 B. « Voyant que le roy faisoit avancer d'autres compa^ies de » celles qui esloiont venues les dernières, ils firent un tour en limaçon » avec leur cavalerie, et après disparurent. » Pour les autres détails, voyez la lettre du roi au connétable, du 8 juin, p. 366. — D'Aubigné, 1. IV, ch. 8, p. 354. — Le Jounial de La Curée, p. 91, 92.

* La date de ce combat est indiquée fautivement dans presque toutes les histoires. Elle est fixée par la lettre du roi au Parlement de Paris, t. IV, p. 279, par le titre du Discours victorieux qui porte : « le cin- » qniesme juin 1595. »

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