‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 5 sur 344 · CONVENTION PROJETEE ENTRE LA FRANCE ET LA SUISSE · texte numérisé non relu

CONVENTION PROJETEE ENTRE LA FRANCE ET LA SUISSE

Suisses, d'après d'anciens traités. Aux termes du pacte à intervenir, la France devait ox)nquérir la Franche-Comté de l'aveu des cantons , en garder le domaine utile , en abandonner la souveraineté aux Suisses , qui se chargeraient de protéger et de défendre le pays contre l'attaque de l'étranger *. On pouvait raisonnablement espérer de voir les Suisses accueillir ces propositions, donner les mains à cet accord. En effet, la conquête de la Franche- Comté les délivrait du voisinage de Philippe II , mortel ennemi de leur religion. De plus, elle leur donnait de nouvipaux moyens de protéger Genève, dont la défense contre le duc de Savoie, gendre et allié de Philippe H, leur causait sans relâche des inquiétudes et des embarras.

La rupture avec Philippe II engageait trop avant les destinées de la France pour que Henri la décidât seul. Il la proposa dans une assemblée où il appela les princes du sang, les officiers de la couronne, les principaux de son Conseil : la grande majorité se prononça pour la guerre ouverte contre F Espagne. En conséquence , le roi la déclara solennement à Philippe II le 16 janvier 1595. Dans son manifeste, il s'attachait avant tout à établir la justice de sa cause, en prouvant que depuis la mort de François n, Philippe n'avait cessé d'attaquer la France par ses intrigues et par ses armes. Il ajoutait que joignant l'assassinat à la violence, il poussait contre lui par ses émissaires le couteau de Barrière et de Chastel. Il dénonçait l'ambition du roi catholique à ses voisins, montrait qu'elle les menaçait tous, qu'elle constituait un péril conmiun et permanent pour eux ; il montrait ainsi que la cause de la France était celle de l'Europe entière, et provoquait la solidarité dans la résistance *.

Le roi sentait bien tout ce que demandait d'efforts de

» Sully, (Econ. roy;, ch. 60, p. 191, 192.

«Chevemy, Mém., t. X, p. 642 B. — Texte de la déclaration de

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