LIV. V. CH. III. FUENTES ET SON ARMÉE ENTRENT EN FRANCE
recoururent à une insigne perfidie. Ils persuadèrent à Gomeron de s'aboucher avec eux, en vue de ménager une conciliation et un accord. De Rosne lui présenta un sauf-conduit de Fuentes et le conduisit à Bruxelles. A peine le gouverneur y fut -il arrivé, que Fuentes l'arrêta prisonnier, et le menaça de mort pour lui arracher un consentement ; en même temps la garnison espagnole de la ville assiégea le château. Dans l'attaque de notre territoire et des villes de Picardie , Fuentes fit marcher de front ces pei*fidies et le déploiement de sa force militaire. Dès les premiers jours de juin , il envoya le prince de Chimay et son armée investir le Casielet, place intermédiaire entre Saint-Quentin et Cambrai. Il partit lui-même de Bruxelles le 10 juin, et vint prendre la conduite du siège. Il traînait Gomeron à sa suite, avec l'intention de s'en servir pour se rendre maître du château de Ham *. Entre les opérations contre le Castelet, et les événements survenus à Ilam , il y a dès-lors simultanéité. Gomeron avait laissé dans sa forteresse sa mère et son beau-frère. Ceux-ci traitèrent avec les lieutenants du roi, d'Humières, le comte de Saint-Paul, Bouillon. Ils convinrent de les recevoir avec leurs troupes dans le château de Ham , pour entrer de là dans la ville où ils tailleraient en pièces la garnison, retiendraient les chefs prisonniers, et les leur livreraient pour retirer Gomeron des mains des Espagnols. Le traité reçut son exécution dans la nuit du 20 au 21 juin. Les Français introduits par la citadelle, attaquèrent aussitôt la garnison. On se battit douze heures dans les rues, dans les maisons incendiées. Enfin les Espagnols furent accablés par le nombre : quatre cents parvinrent à se sauver , huit cents périrent , quatre cents furent faits prisonniers. Ce nombre considérable de prisonniers prouve qu'on ne viola pas le droit des gens à
> Davila, 1. xv, t. ni, suppl. p. 5. — P. Cayel, 1. vu, p. 667 B.