‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 66 sur 344 · CONSIDÉRABLES ET PROMPTS EFFETS DE L*ABS0LUT10N · texte numérisé non relu

CONSIDÉRABLES ET PROMPTS EFFETS DE L*ABS0LUT10N

Rome , Clément VIII prononça solennellement son absolution dans Téglise Saint-Pierre , malgré la protestation et les menaces de l'ambassadeur de Philippe II *.

Les grands effets que devait produire la réconciliation du roi avec le Saint-Siège pour la destruction des restes de la Ligue, pour la pacification du royaume, ne se firent pas attendre. Mayenne , vaincu à Fontaine-Française ; réduit aux seules villes de Soissons en Picardie , de Seurre et de Châlon en Bourgogne ; craignant tout des Espagnols qui , dans son dernier voyage aux Pays-Bas , avaient agité s'^ils ne s'assureraient pas de sa personne, comprit que les derniers liens d'une religion aveugle, qui pouvaient encore retenir quelques chefs et quelques peuples à la fortune des Guises et à la révolte, étaient brisés, et que le moment était venu pour lui de se perdre ou de

i Davila^ 1. XI V^ t. III^ p. 567-570. — La relation contemporaine dans Cayet, 1. Vil, p. 687-690.

Pour l'ensemble des détails concernant Vabsolulion du roi, voir outre les autorités ci-dessus citées, les lettres -du cardinal d'Ossat, de la leUre VIII à la lettre XXIII, 1. 1, p. 242-481, Amsterdam, Humbert, 1712, in-12 ; le texte des articles accordez et promis au nom du Roy pour l'absolution de Sa Majesté, et les annotations et advertissemens, sur les précédents articles, par du Perron et d'Ossat, dans les Mémoires de Cheverny, t. X, p. 545-548 ; le lumineux exposé de de Thou, liv. CXIU § 21, 22, t. V, p. 518-523 de Tédition latine ; la lettre miss, du roi du 29 août 1595, t. IV, p. 396. Dans cette lettre, le roi dit : « Le pape m*a 0 baillé son absolution le vingt-cinquième de ce mois, mesme on me » récrit de Venise. » A cette date du 25 août, il n'y avait encore aucune mesure officielle prise par le pape pour l'absolution : il ne pouvait y avoir que des intentions favorables manifestées de sa part, que les correspondants du roi à Venise transformèrent en un fait accompli. — Les annotations, advertissemens sur les articles VU et X de la convention qu'on trouve dans les Mémoires de Cbeverny, p. 547, réfutent complètement tout ce qu'avance M. de Sismondi, t. XXI, p. 346, au sujet des conditions de TAJ^solution en ce qui concernait les réformés et à leur détriment. Le rétablissement des Jésuites, désiré et sollicité par Clément VUL ne fut pas stipulé dans la convention passée pour l'absolution qu'il accorda au roi ; mais Henri promit plus tard au cardinal Aldobrandini, légat, de rétablir ces religieux en quelques endroits de la France.

104 Lnr. T. CH. m. nLàirv prelduxaiu de matesos avec le roi.

m: soumettre. Il ordonoa à ses agents d^abandonner la prétention soutenue jusqu'al^^rs par lui de traiter comme chef de parti, et de mettre fin aux négocîatioDS entamées depuis quelques mois. Elles se terminèrent le 23 septembre, six jours après la cérémonie publique de Tabsolution du roi , par un traité préliminaire entre Henri et Mayenne signé à Chàlon. Ils convinrent d'une trêve de trois mois pour tout le royaume et arrêtèrent les bases d'un traité définitif. Mayenne ramenait à Fobéissânce du roi les trois villes qu'il tenait encore ; abandonnait le goovemement de Bourgogne , résignait les pouvoirs que lui avait conférés la Ligue, se replaçait dans la condition d'un sujet à regard de Henri, qui rentrait dans les droits pleins et entiers de la souveraineté. L'édit de Folembray ne fut signé qu'au commencement de Tannée suivante ; mais il fut convenu dès-lors dans ses clauses principales *. Ainsi après le Lyonnais et les pays voisins , après une partie du Bourbonnais, de TAuvei^ne, du Dauphiné, la Bourgogne était rattachée au corps de TEtat, et lui revenait pacifiée. L'absolution de Henri rendait son autorité respectable et sacrée, même à ceux des catholiques qui pla- . çaient la loi religieuse au-dessus des lois politiques. L'alxlication de Mayenne laissait son autorité sans rivale, même nominale. Mayenne avait été son concurrent : les autres chefs rebelles, dans le parti de la Ligue et dans le parti aristrjcratique , ne l'étaient pas. De plus , en posant

1 Lettres missives des 20 juillet, 29 août, 21 et 23 septembre, t. IV, p. 384, 385, 397, 406, 410, 411. Dans le passade suivant, Henri indique les mesures r]u'il a prises pour la pacification de la Bourgogne, du l^yonnais, des annexes de ce pays, du I^iiguedoc. « J'ay coutrainct le » duc (le Mayenne à me reconnoistre, et pourveu aiix provinces de deçà, n où néanmoins je suis résoleu de revenir après avoir effectué ma » d/îliMraliou de Gambray.... Le repos de mon royaume approche, » par la grAce de Dieu. » Thuanus, 1. CXllI, §§ 4, 5, 21, 22, t. V, p. 464, 494,495, 496.— P. Cayet, 1. VU, p. 680-682 pour le texte du traité préliminaire et de la trêve. — Lestoile, p. 265 B.

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