‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 73 sur 344 · RAPPORTS DU ROI AVEC LES DÉPUTÉS DE CAMBRAI · texte numérisé non relu

RAPPORTS DU ROI AVEC LES DÉPUTÉS DE CAMBRAI

Balagny, eo sa qualité de maréchal de France, s'était réservé toute Tautorité du commandement , dont il n'avait usé que pour ne rien faire. L'imminence du danger le fit céder. De Vie prit le commandement de la défense de la place, commença les travaux la nuit même qui suivit son arrivée, rendit aux troupes la confiance et le côiu'age, et en peu de jours disposa tout pour braver et repousser les attaques des Espagnols.

Henri travailla en même temps à rétablir dans les murs de Cambrai l'ordre et la paix nécessaires à son salut. .Les députés de l'un des partis qui divisaient la ville vinrent le trouver à Lyon. Ils le supplièrent de les délivrer de Balagny comme gouverneur et comme souverain, de leur rendre leur ancienne liberté, de mettre seulement une garnison française dans la citadelle, pour les protéger contre l'ennemi du dehors. A ces conditions, ils offraient de se défendre assez résolument pour repousser toutes les attaques des Espagnols et les contraindre à lever le siège. Le roi leur démontra l'impossibilité où il était de les satisfaire en ce qui regardait leur gouverneur, leur rappelant avec force ses propres engagements et les leurs. Mais il se hâta d'ajouter tout ce qu'il jugeait propre à les ramener et à les gagner. Il les exhorta à étoulfer les partis parmi eux , à ne pas se laisser aller aveuglément à leur haine contre Balagny, à éviter de la sorte de favoriser les desseins des Espagnols, de perdre leur indépendance, de tomber sous un despotisme bien autrement dur que celui dont ils se plaignaient. Il ajouta qu'il se rendrait prochainement sous les murs de Cambrai , contraindrait les Espagnols à lever le siège, prendrait d'accord avec les habitants les mesures convenables pour redresser les griefs dont ils se plaignaient, et pour leur assurer un bon gouvernement intérieur. Un prompt secours et des réformes, telle était la perspective qu'il leur ouvrait. Ces

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