LIV V.CH. III. NOUVEAUX M0TEN8 DE DÉFENSE DONNES A CAMBRAI
promesses calmèrent les esprits et les ramenèrent pour longtemps à la cause française : un fait éclatant, qui précède seulement de deux jours la fin du siège, le prouve. En attendant qu'il put marcher à la délivrance de Cambrai , Henri lui chercha des défenseurs au dedans et au dehors du royaume. Le 12 septembre il fit publier par le parlement de Paris le ban et Tarrière-ban pour l'armée du Nord. Cet ordre militaire amena en peu de temps à Péronne sous le drapeau du duc de Nevers 5,500' hommes , et de nouvelles troupes lui arrivaient chaque jour. En supposant qu'on ne put rien tirer de Bouillon, les forces réunies dans le camp de Nevers, étaient à elles seules le fond d'une armée à la tête de laquelle le roi devait bientôt se mettre, et qui en attendant, donnait aux défenseurs de Cambrai un point d'appui et une chance de secours dont ils devaient tout espérer. En même temps, Henri s'adressa à ses alliés pour obtenir leur assistance. Par l'organe du Conseil qu'il avait laissé à Paris, et ensuite {Kir ses propres dépêches, il pressa l'Angleterre et la IloUande, qui avaient toutes deux un évident intérêt et un intérêt presque égal à celui de la France, à ce que Philippe II ne s'établît pas à Cambrai, de lui envoyer chacune un corps de troupes auxiliaires. Elisabeth refusa péremptoirement tout secours. La Hollande n'en envoya non [)lus aucun , et pendant toute la campagne, du 8 février au 1 i octobre, elle employa les forces dont elle disposait à l'attaque de trois places des Pays-Bas, lluy, GroU et Lière. qu'elle essaya d'arracher aux Espagnols, et de joindre à ses possessions. Tandis que nos alliés laissaient Cambrai dans cet abandon, le comte de Fuentes augmentait son armée des contingents que lui envoyaient de toutes parts les pays voisins et les lieutenants de Philippe : le 10 septembre, il la portait à dix-huit mille hommes de pied et h deux raille huit cents