PROPOSITIONS DE TRÈVB FAITES PAR PHILIPPE 11. 1S
pas le chemin du cœur d'Elisabeth : quoi qu'en ait dit un historien contemporain, elle refusa au roi tout secours d'hommes et d'argent pour le siège de La Fère. Mais elle ne put empêcher que le roi, usant habilement auprès des Hollandais des offres que lui faisait le cabinet de Madrid, ne les amenât ou ne les contraignît à lui fournir des auxiliaires pour cette entreprise.
La conquête de Cambrai par les Espagnols, après celle du Castelet et de Dourlens, affectait certainement la France dans ses intérêts matériels et dans son honneur. Il n'en restait pas moins que le plan de Philippe II avait misérablement échoué dans son ensemble. Des cinq frontières qu'il avait dû envahir pour porter ensuite la guerre dans l'intérieur du royaume, il en avait à peine entamé une à son extrémité. Il avait rêvé la conquête de la France, et il en avait pris trois villes, en comptant Cambrai pour une possession française. Les chefs ligueurs, sur le concours desquels il avait compté, étaient domptés; les uns avaient accompli leur soumission, les autres en traitaient forcément : la Ligue était abattue partout, excepté en Bretagne, et le principe de la Ligue était détruit par la réconciliation du roi avec le Saint-Siège, La révolte de d'Epernon, serrée et attaquée de près, était au moins en danger. Les choses étant amenées à ce point, ou bien Philippe II désespéra dès lors de subjuguer la France et ne prétendit plus qu'à en démembrer quelques provinces; ou bien il voulut avoir pour quelque temps la libre disposition des forces, jusqu'alors employées contre la France, dans son attaque secrètement projetée de l'Angleterre, contre laquelle il nourrissait alors des desseins
» se peut persuader qu'il soit iurnbé en son esprit de demander la dicte » ville de Calais y la({uelle Sa Majesté n'aura moines de soiu dn con- »> server.... que tout ce qu'il a pieu à Dieu mettre soubs son obéis- » sauce. M