‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 90 sur 344 · LIV. V. CH. IV. LIBERTA MBT LOUIS 0*AIX DBHÔRS · texte numérisé non relu

LIV. V. CH. IV. LIBERTA MBT LOUIS 0*AIX DBHÔRS

vie de l'autre au péril de la sienne. Dès que Louis d'Aix eut franchi la dernière issue de la porte Royale, et se fut aYancé dans la campagne, Libertà fit baisser la herse, et enferma le viguier dehors. C'était le signal convenu avec les royaux pour l'attaque de son escorte. Les cavaliers du duc de Guisf*, sortant de leur embuscade, la chargèrent impétueusement, la mirent en fuite, la dispersèrent en deux bandes, dont l'une se dirigea avec Louis d*Aix vers le port, dont l'autre se sauva vers la ville et y donna l'alarme. Les royaux, en la poursuivant, arrivèrent avec elle jusqu'au pied des remparts : là ils furent reçus à coups de canons et d'arquebuses, par ceux qui défendaient les murailles, et qui n'étifient pas prévenus de l'entreprise. Cette circonstance, qui surprit et efirayaun moment les royaux, servit au succès du dessein. Casaux n'avait eu ni avis, ni indice, que Libertà eût fermé la porte sur Louis d'Aix, et la conduite des défenseurs des remparts le rassurait pleinement sur les dispositions de Tintérieur. Il se dirigea donc sans soupçon vers la porte Royale , convaincu qu'il n'avait qu'une attaque dès royaux à repousser, et qu'il était toutà-fait en mesure de déjouer leur tentative si elle se renouvelait. Il marchait à la tête d'une troupe considérable de ses gardes et de ses partisans armés et cuirassés: sur sa demande trois cents Espagnols venaient d'entrer dans la ville; les autres se disposaient à les suivre*. C'est cette masse de forces que Libéria attaqua au début avec une poignée de douze ou quinze conjurés. Les relations contemporaines mettent dans tout leur jour, avec ses dangers, son énergie, son courage, sa présence d'esprit.

> Discours véritable, p. 11. « Le sieur de Libéria adverti que le » consul Casaux, à la sortie de sa maison, avoit mandé aux galleres » de mettre en terre, et de lui envoyer trois cents Espagnols pour » venir au secours de la porte Reaile... et que jà lesdits Espagnols » commençoient de marcher et entrer par la porte dressée près le » plan Fomiguier. »

IL TUE CASAUX AU PERIL DE SA PROPRE VIE. i55

Elles disent : a Le sieur de Libéria , sacrifiant sa vie au service du roy et délivrance de sa patrie, n'ayant que son épée, s'avance, rencontre en tête Casaux à l'issue de la seconde porte, fend la presse de ses mousquetaires, et courageux se mêle parmi les piques, hallebardes et mousquetades. Il aborde Casaux et lui crie : Méchant traître, tu veux vendre ta ville aux Espagnols, mais je saurai bien t'en empêcher. Ces mots dits, il attaque Casaux qui avait répée à la main, lui donne un coup d'estoc et le terrasse. » Les gardes de Casaux qui n'avaient pu prévenir sa mort cherchent à la venger : ils se précipitent avec fureur sur Liberté. Quatre d'entre eux l'entourent et le tirent de si près qu'ils brûlent en plusieurs endroits ses vêtements. Leurs coups manquent, leiu^ balles s'égarent, il les attaque l'épée à la main et les met en fuite. Echappé à ce premier danger, il en trouve un autre. Le soldat le plus brave et le plus exercé aux armes de la troupe le joint, l'attaque avec un demi-pique, le blesse à la main, se dispose à redoubler et à lui porter des coups plus terribles. Si Liberté n'eût eu la prévoyance, le coup d'œil, le courage à un égal degré, il était en danger de perdre la vie. Après une lutte de quelques moments il se débarrasse de ce nouvel ennemi, et le contraint à prendre le même chemin que les quatre autres. Cependant le frère et les amis de Liberté étaient accourus à son aide : ils l'entouraient quand il se porta à l'attaque du gros de la troupe de Casaux. L'emploi de la force -fut inutile. Ces soldats voyant l'im de leurs chefs par terre, l'autre en fuite, restèrent stupéfaits et immobiles, et le capitaine leur ayant promis la vie et la liberté, ils le reconnurent pour chef et s'offrirent à marcher sous ses ordres. Il put sans imprudence les recevoir dans sa troupe, parce qu'en même temps ses rangs se recrutaient et se grossissaient de moment en moment des premiers bourgeois, partisans de la

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