‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 93 sur 344 · LIV. V. GH. V. BPUISEMBNT DE LA FRANCE · texte numérisé non relu

LIV. V. GH. V. BPUISEMBNT DE LA FRANCE

1595 et dans le premier mois de 1 596, les avantages Tavalent emporté sur les pertes au point de contraindre Philippe II à renoncer au projet de conquérir le royaume. Du mois d'avril 1595 au mois de septembre 1597, il y eut arrêt dans les progrès de la fortune dii roi et de la pacification du royaume. La France essuya de grands revers, et tout ce que les talents et la constance de Henri avaient fait si péniblement jusqu'alors pour sa déliv^ance, fut remis en question. Ce retour d'adversité, cette dernière et dure épreuve eurent pour cause l'état d'épuisement presque total danà lequel se trouvaient les finances de l'État, et toutes les classes de citoyens sans exception. Le jeu de la machine politique fut menacé d'une complète perturbation : on put craindre de voir tous les services publics s'arrêter à la fois faute d'argent, et par une déplorable conséquence, les provinces frontières, si ce n'est le corps de . la monarchie , devenir la proie de l'étranger.

A la mort de Henri III , la France était déjà couverte de blessures profondes par lesquelles une partie de sa force s'était écoulée. On comptait neuf villes rasées; le feu avait anéanti deux cent cinquante villages ; cent vingt -huit mille maisons étaient détruite.s, la plupart des églises dépouillées ou démolies ; les campagnes étaient dévastées par les brigandages des soldats de tous les partis, le commerce interrompu, les ateliers sans travaux ; la dette publique montait à 245 millions de ce temps-là *. Les sept ' années du règne de Henri IV remplies par la guerre étrangère, et par la guerre civile étendue à toutes les provinces à la fois, avaient prodigieusement ajouté aux souffrances des villes, aux désastres de l'agriculture et du commerce, à la somme des maux qui pesaient sur les citoyens de tous les états. Les traités de la Ligue y mirent

1 Le Secret des finances, par Fromenteau ; Hist. financ. de la France, par M. Bailly, t. I,, p. 284, 285.

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