‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 98 sur 344 · INSUFFISANCE DES MOYENS DE DÉFENSE · texte numérisé non relu

INSUFFISANCE DES MOYENS DE DÉFENSE

rintérèt public , pendant près de sept mois. Les contemporains s'accordent à reconnaître que l'état , si ce n'est entièrement régulier encore, au moins amélioré de la caisse et de l'intendance de l'armée, fut l'une des causes principales du succès du siège '.

Mais si Henri parvint par des efforts incessants à pourvoir aux besoins de l'armée de la Fère, il fut impuissant à rétablir et à régulariser l'ensemble des services publics , dont dépendaient pourtant la sûreté et l'intégrité du territoire, comme la bonne administration de l'État. Les garnisons des places frontières, les fortifications, le matériel et le personnel de l'artillerie, les munitions restèrent dans une misérable insuffisance qui nous mettait, au moins sur bien des points, à la merci de l'ennemi. Henri était personnellement réduit à une véritable indigence, qui ôtait à sa royauté toute dignité et tout prestige, chez une nation essentiellement vaniteuse. Le mal provenait pour moitié de la dilapidation des finances , et un acte de la volonté du prince , si énergique qu'il fût, ne suffisait pas alors pour y remédier. Il fallait que Rosny, dans une suite de grandes opérations financières, eût acquis l'expérience et

< Lettre missive à M. de Gondy du 26 mars 1596, et les citations en note de M. Berger de Xivrey, t. IV, p. 546, 547. «Comme vous m'avez » mandé que vous étiés chargé en parlant de la partie que vous scavés, » je vous prie de me la faire délivrer promptement, car fen ay très » grand besoin pour payer mon infanterie... M. de Gondy, vous parti- » ciperés à la gloire de la victoire du dict siège, qui ne peut durer » longtemps, si vous me secourez au besoin. » — Lettre de Gondy au grand duc de Toscane au moment de la reddition de La Fère : « On » s'est autorisé de ma venue... pour ranimer Tespérance et le cou- » rage du soldat, sans quoi il n*éloit plus possible de retenir les mutins » qui étoient prêts à se débander,,. Il est donc certain que mon arrivée » et ce que j*ai donné au roi, sont cause de la prise de cette place. » — Sully, (Econ. roy., cli. 6S, p. 204, 205. « Si bien que l'abondance du » pain et des vivres que vous fistes toujours fournir k Tannée du Roy, » et la disette à laquelle s'en trouvèrent réduits les ennemys, furent » les seules causes de leur reddition. » Cette assertion, prise à la rigueur, serait inexacte.

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