‹ Histoire du règne de Henri IVChapitre 10 sur 75 · L. VII. CH. III. LA RÉSIRVE EST DE QTIAR1NTG-TR0I6 MILLIONS · texte numérisé non relu

L. VII. CH. III. LA RÉSIRVE EST DE QTIAR1NTG-TR0I6 MILLIONS

l'Épargne, Puget, pour lui faciliter ses avances d'ai^eat comptant, pendant l'année de son exercice, montait à 1 0 millions. Les créances, se composant de ce que les recettes générales et le clei^ redevaient, montaient à 6 millions 430,000 livres. Ces sommes réunies formaient un total de 32 millions 300,000 livres. Et comme le faisait remarquer le surintendant, la solidité des débiteurs et la facilité de tes faire payer à bref délai étwent telles, que l'on devait considérer toutes ces sommes comme argent comptant. Quelques jours plus tard, le 10 janvier 1610, par suite de nouveaux versements, les ressources publiques étaient encore accnies; et, suivant un état autbentique et détaillé, l'argent comptant, ou ce que l'on devait regarder comme tel, montait à 43 millions 138,000 livres '.

KspoFi. . . . 15,870,000 livres. H l'ann£e de son exercice, à la charge de les rem- H placer dans les quatre mois de l'aaiiée subsén queate 10,000,000

B Par le quatrième de cet estais voui disiez toir

a au roy comme il lai estoit den 6,i30,004

' » des restes des naiiées précédentes, tant des le- " Il cette» (générales et particulières des U.iUes, des B fermes -du TOfaume, de la composition des flnaD- M ciers, que des restituUoos auiquelles estoieat

B lepus les rboeïeura du clei^è. b

Total 31,800,000

* Sull;, Œcon. ro;. . c. lOS, t. II, p. 377 A pour la date a Fait à n Paris le 10 janvier IGIO. a Pour les tails, màme p. 877 B : « Preo mièrement dans la Bastille 17,000,000 Uvres.

u Plus il a déjà esté mis à part dans la Bastille , » suivant les lettres patentes du roy , pour coin. a mencer les despeuaes de la guerre 7,000,000

B Plus, U. Pbilippeaui amis ès.inBiQS de U. Pu- B get, en trois tais, des deniers rcTenaoe bons de B son année S,80D,000

a Plus, en une promesse de Morant , etc. , etc. « A partir de cet article, Sully énumère une suite d« soaunes due* au roi, doat la réunion forme un total de 10.838,490

Total. . . . 43,188,490

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UCSSOUnCES PHâPAKÊES POUR LES CIRCONSTUrCES BXTHAOnDIH. 153

Ainsi, il avait été acquitté 100 millions de dette exigible, remboursé 5 millions de rente représentant un autre capital d'environ 100 millions, racheté pour 35 millions de domaine, en tout 235 millions du temps. Il suit de là que les deux tiers de la dette générale avaient été acquittés, et que sur le tiers restant, 45 millions d'aliénation du domaine devaient encore être éteints dans seize ans. Si aux 235 millions de dette déjà payés, l'on joint les 43 millions d'ai^nt comptant, on arrive au totfd de 27S millions pour chifire du capital que Henri IV et Sully avaient rendu à la France, pendant une administration de treize ans et quatre mois ; les 278 millions de ce tempslà correspondant à 1 milliard d'aujourd'hui, d'après la supputation suivie jusqu'ici dans cette histoire, et à une somme bien autrement considérable d'après d'autres calculs. Telles étaient les immenses ressources dont ils l'avaient remise en possession et dont elle devait user, sans inquiétude de l'avenir, dans les temps calmes, daiisles circonstances normales et régidières.

Hais en outre, ilslui avaient préparé pour les circonstances extraordinaires, pour l'éventualité d'hostilités nouvelles et d'une lulle prolongée, des ressources également extraordinaires de deux sortes : l'En se bomaât à employer la réserve en argent comptant, et à supprimer dans la dépense ordinaire le double emploi des sommes destinées à la guerre, la plupart des dons et pensions, ainsi que quelques dépenses personnelles au roi ; en profitaut des offres faites pour l'augmentation des fermes du royaume, lors du renouvellement des baux ; en consentant à prolonger pendant un petit nombre d'années, au profil des détenteurs, la jouissance du domaine aliéné dans lequel le roi devait rentrer ; sans toucher au fonds de la dépense ordinaire en ce qui concernait les services publics intérieurs ; sans augmenter les impôts ni charger les peuples,

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151 L. vri. CR. ni lg total db ces hbsbources est db 193 millions .

le gouvernement pouvait, en trois ans, faire nn fonds extraordinaire de 8 1 millions du temps et l'employer à la guerre contre la maison d' Autriche enrattaquantd'ahord (MIT le pays deClèv^'s de Juliers. 2' En recourant, en cas de besoin, à des créations d'offices, à des concessions de droits et attributions, sorte d'impAts indirects qu'il était facile d'établir « sans grande foule des sujets du roy, » et en ajoutant cette ressource de 112 millions aux précédentes, le gouvernement pouvait se procurer dans le même espace de trois ans au delà de 193 millions du temps, pins de 706 millions d'aujourd'hui. Telles étaient les ressources extraordinairesque la couronne, sans recourir à l'enaprunl, était en mesure de réaliser en trois ans et de fournir à la France, pour les besoins de sa défense ou de sa grandeur ' .

gVIll. L'intérêt de Vargent diminué ; ressources fournies à ta propriété, à l'agriculture, à l'indaslrie , au commerce.

Tous les services de la pais, tous les services de la guerre , même éventuels , étaient ainsi largement

< Sully, OEcon. roj,, c SUS. t. 11, p. STB B, S76 A. On trouvera dans BOQ lexte U>us les chiffres el tous les calcaU que nous produi- BODB ici. Au premier article de l'état des rcaàoarcea eitraordinaire;), il extiTÎnie de ta manière la plus formelle que la réunion de eea diveraes retsourcea n'apportera aucun trouble dans la dépensu ordinnire, doDs le budget normal, dans les services publics, n Première- » ment, aans toucher au Tonds du la dépense ordinair: de l'Espargne, » je puis Bsseurer Votre Majesté de ramasser, etc. » Nous croyoDS que lea 15 raillions d'argeut comptent, dont il parie dans ce premier article, doivent se fondre dans l'état de l'argent coraplanl qu'il domie un peu plus loio, p. S77 B, et qui monte, comme uous l'avons dit, à 4S millioDs. — A l'article 6, il dit : « Plus Votre Majesté se soun viendra dea grandes oppositions que j'ay toujours faites à tous n nouveaux £dils pécuniaires, uréalione d'offieiers, en corps et en » particulier, augmenlations de gngis, droits, altribuliona. Ce que Je » faisois exprès afin d'y trouver un grand fond! d'argent en cas de N besoin. De tous lesquels advif j'ai fait uu recueil el dressé un estât n abrégé, [lar lequel , sans grande foule sar vos subjets, il se pourra » recouvrer plus de lil millions. »

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UMIMimOH DB L'iNTÊr6t DB l'argent : SON DOUBLE EFFET. 155

pourvus : dans tons eea besoins légitimes , le pays n'avait qu'à se tourner vers son gouvernement et h demander pour recevoir : des fonds faits d'avance, des mesures prises avec précision, permettaient de satisfaire sui^ le-champ à toutes les exigences publiques. Quand on considère que le dé^rdre des finances, légué par Henri TU il son successeur, avait été pour plus de moitié dans l'efbvyable anarchie où le royaume avait été plongé, et dans tes dangers qu'avait courus son indépendance, on sent que Henri fV et Sully avaient été au plus pressé et au plus important, en remplaçant les dissipations et l'iniligence du dernier règne, par la régularité et la prospérité financière dans laquell-^ ils avaient replacé le pouvoir et la nation. Mais leur génie pénétrant, leur admirable sagacité leur révélèrent qu'ils n'auraient rien fait de durable ni de complet, s'ils se bornaient aux exigences du ponvemeroent et du temps présent ; s'ils ne voyaient pas les familles, la société, l'avenir ; s'ils ne fournissaient pas an pays les nouvelles richesses que les développements de la civilisation lui rendraient nécessaires, au moment où il s'avancerait dans la voie du perfectionnement ouverte par la Providence au génie de l'homme.

Bs travaillèrent à cette œufre importante, en même temps qu'au rétablissement des finances publiques, et ils y réussirent également. En premier lieu, ils consolidèrent la propriété ébranlée dans l'ordre de la bourgeoisie et de la noblesse, en partant du principe que la fortune publique n'aurait une base solide que quand les fortunes particulières seraient raffermies. Par suite des dévastations des guerres civiles, beaucoup d'hommes du tiers-état, beaucoup de nobles, réduits nu plus extrême besoin, avaient iwourn à l'emprunt, n'avaient trouvé de l'aident qu'à un laui excessif, et .s'étaient vus bieatdt dans l'impuissance de remplir leurs engagements. Les uns étaient déjà ex-

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