CHAPITRE iV
AgricuUurt. Forêts. Éditt lur la ekatu. Maraii. Mina.
1 1. AgricuUare. D*pfonblt i<ist dn «iDpagnn ci àf rugrleulliirc en 1MI5. Apprédulliin pur It roi cl parSolli rir la lniiiip l<n|Hinin« ila lHl»ur*|tB (t <lii ptliragp. Ili nitcnilcnl In rnnrlln itsna un « m florliunl, M nrrtlrnl 'le tror ftinrolf prot*cllon rt <llrrctlon. — l^glilaiton rt Mmnm pr1*n ritpnla ISflS laïqu'au darnlrr janr du itfnt pMr défendre le pnyian rontre Ira «loraioDa dm gCDi de gurrn qiil , ricgirM lr«are.ali nia, ont lall la itéulatloa vt la nilnc d(i campaKOM; pour mettre le iattoBreor à faliri dn ptumlte* nrmtlia dii gouiernenirnt et du panleiillen; pour eariDlIr hhi chaidp ttw Tignc <le loti» dfvailaliaD rI<letoutriTa(e;po>irluirartlltrr iVItte dn tnupeaui. - Mmim niunpl»n> ariopl^n poor liiJ ialiwr entre l« malni l'firiïnt néenaaire * une boDiie ripiillallon. — Direction lotellirenie don nte nni aininillnin. Lerolleor nonlre penonnellenent, daoïiea doni'lnn, t i>iifallr dn praliirs artinrlrllr). Il le vrt de l'autorité et du llrre
unt >ur la lli^orle et l'otuervatloo, rontrill^ea pur IVip^rlenre. - Bapporli dn roi utef Olivier de .Serm. Publlnilon itg ThMtre •l'anHcultiire de de Serra, l'an 1000, B«Bie approbation et vocneqne le roi rionoï II l'onvrace. «natjaedo livre : rf lolnilan qu'il doit amener. Toutei Iti nnclinne* parilei de l'agrieultuK f Mnt Irnttéea, rensuveldei et perf»tloiin^. De ploi. «w rarrièrt nourelle el liomenie est onverle h l'aurlcnliarf , pnr rinpuldon qoe donne rnotnir toll II ta propagallao du mdrler poor la produrllon rn grand de la aole ; aolt » la rrilture de plantn )-»qn'alari Inconnuea oo n«gll|c^ra, la betlerave d«al il
Hinrolo. -Tôles de com nia ni» lion par terre el par eaa habile* entre lei pro vlnrt^ ft d^honchéi donn^ aui prodnili de l'agrleoUDre, — Liberté du ennmer» AaMle poar In prodol» Bgrleole^ el partlculltrenent pnnr lei «ralD». Soin) InAni) prit par te roi pour l'ëfabllr el la maintenir. Sea eona^queneei : ntellleare miK en valear rie* terrf*. acqalllemeni ptni fnclledej linpdbi: oiell-
payaan lOua ee règne. Aogmentatlonprogreultf duprlideicialnietirrmft^rf'sIMiintede l'agrlcullnre, apré>l*mnrtdeHenrllT,penrianlloatiladDi^du)|:atème deliticnJ.DBlm'-tloiîde la liberté du commeree deigraimaotn Lnnlt XIV : ennaéquenees TniMales «lul ce trgnt, et tous le* deni r^gnei suliant». l tl. ForHi : édilt lur la t^auf. Itanâ.'JUina. Ordannanm tor Ira eani et
nff de la chaiK qui ont preiquc complément dftrull le gibier ; lei for^li repeopléei de gibier; rumen deiartideieonienanidaaaletdeniëdltaleapeln** pmnoncéei pour la répreailDn dnd^llti deebaiie — Dral^ebemenl dn marali. Le gonverDeswDt forme pour ce decatctiement dleenei eompagnlci, et leur
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DÉPLOUBLE ATaT DBa CAMPAGNES BT DE L'aCHICULTDRB EN 1595 173
prodivae ibu I« (cnm d'encounirmcnt. — Eiploltailan d» laioet. Orgial. •MIBB d« rnprolUUoa dci nia». BïiulUla pour lu mina d'or M d'ir^taU BJnlUupuartamiDPidFCDltrc, de plumb, d'claln, rtt ICr. Gnodi lupoUloa'
§ 1". Agriculture.
L'&Sreux désordre dans lequel le mauvais gouvernement de Henri III et les fureurs de la Ligue avûent jeté les finances publiques s'était également étendu & toutes les institutions, à tous les établissements qui font la force et la vie d'un État. L'agriculture n'avait pas moins souffla, d' était pas tombée moins bas que les finances. Lorsqn'en 1 595 l'anarchie et l'invasion étrangère eurent fait place, dans les deux tiers du territoire, h l'autorité réglante, au pouvoir tutélaire de Henri IV, voici dans quel état ce prince trouva les campagnes : « Nous voyons, dit> » il, nos sujets réduits et proches de tomber en une im- B minente ruine pour la cessation du labour, presque B générale en tout nosire royaume.... Les vexations B auxquelles ont été en butte les laboureurs, leur ont fait ■ quitter et abandonner non seulement leur labour et » vacation ordinaire, mais aussi leurs maisons ; se trou- » vant maintenant les fermes censés, et guasi tous les vii- » logea inhabitez et déserts '. n La condition meilleiu« d'un peUt nombre de pays que nous aurons h. signaler plus tard n'Aie rien à ce que cet exposé a de déplorablcment exact pour l'ensemble des provinces. Le royaume était donc exposé à souffrir une famine indéfinie , à perdre ce qui fermait alors les deu^ tiers de ses produits et de ses revenus ; à perdre encore cette classe de laboureurs qui, après avoir nourri l'État, le défendait sur le champ de bataille. Henri déclarait avec raison la ruine
■ Piéambnle de lu Déclaration du Ifi mars 1S9S, dans FoDlanon, L n, p. 1191.
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I7i UT. TU. CH. IV. BBTIKE BU ROI BT DE SULLT POUR L'AGHlCOLnmB. .
imminente et la patrie en danger. Tous ses sentiments, toutes ses idées à cet égard étaient partagés par SUII7, lequel esliraait, de son cdlé, 0 que le labourage et le pas- 0 turage estoient les deux mamelles dont la France estoit » alimentée, et les vrais mines et trésors du Pérou'.'» Ces sources de vie et de richesse étaient presque entièrement taries à la fin du xvi^ siècle.
La guerre civile avait frappé les campagnes de stérilité presque partout. Benri IV et Sully prétendirent non seulement les remettre en culture, mais augmenter leurs produits dans une immense proportion ; tirer du sol tout ce qu'il pouvait rendre, remplacer l'indigence des particuliers par le bien-être, la misère et la faiblesse de l'État par la prospérité et la grandeur. C'était peu pour eux d'effacer jusqu'à la trace des désastres qu'avait causés l'anarchie ; ils entendaient faire regagner au pays les quarante années qu'elle lui avùt fait perdre pour le progrès. Dans cette lutte entre les principes de la désorganisation et ceux de l'ordre, dans ce duel entre le génie du mal et le génie du bien, le génie du bien resta vainqueur.
En dissidence sur d'autres matières d'économie politique, en parfait accord sur celle-là, comme sur celle des des finances, le roi et le ministre unirent leurs efforts pour restaurer l'agriculture, et pour lui donner même un degré de développement et de prospérité inconnu jusqu'alors. Dans chacun des détails de l'exécution de ce projet, on voit qu'ils se conduisirent par des idées profondément réfléchies, et par des principes parfaitement arrêtés d'avance.
Ils reconnurent que, poiu- fleurir, l'agriculture devait se trouver dans les conditions et d>éir aux lois suivantes: être mise à l'abri de toute persécution de la part du gou- > Sallf, (Econ. roy., c. 81, t. I, p. SBS B.
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niINClPES D' APRÈS LESQUELS ILS SE CONDUISENT A SON ÉGARD. 17S
vernemeatjâes particuliers, des gensde guerre, ettrouver BÀMirité et protection pour ses travaux ; garder entre ses mains on se procurer l'argent nécessaire à une bonne exploitation ; n'être sonmise, par conséquent, qu'à des impôts supportables et trouver facilement de l'ai^nl à emprunter ; partager la culture entre lus champs, les vignes et les bois, et l'exercer non d'après la routine, mais d'après les r^les de la raison et de l'expérience ; porter arec une égale diligence les travaux des champs vers la production des grains et vers l'élève du bétail , lequel foomit à la terre le principal engrais dont elle a besoin ; obtenir du gouvernement les travaux nécessaires pour protéger ses produits contre les inondations, pour les transporter facilement d'une province dans une autre, et de la France dans les pays étrangers; obtenir surtout pour son industrie la liberté des transactions et du commerce avec rélranger. De la &ort«, l'agriculture était mise en demeure de produire, produisait avec intelligence, écoulait assez facilement, plaçait assez avantageusement ses produits pour avoir moyen de nourrir le laboureur et d'enrichir le pays. Toutes les mesures prises par Heuri IV et par Sully, toute leur législation tendirent à donner h l'agriculture ces développements, à lui fournir ces puissants moyens de succès. Ces actes d'un gouvernement protecteur ont déjà été exposés en partie dans les articles consacrés au gouvernement, tLl'ordrepublic, aux finances. On nous permettra de les rappeler ici et de les grouper, BU moment où noua avons k les considérer sous un nouveau point de vue.
La déclaration du 16 mars 159$ défendit le laboureur contre l'excès des poursuites, soit du gouvernement, soit des particuliers, mit sa personne et les instruments de son travail hors de l'atteinte de ses créanciers, en interdisant la contrainte par corps, la saiùe des meubles et
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176 UV. VII. GH. IV. PROTBCTION C(»(8TAHTB QU'ILS UFi ACCOMIENT.
iostruinenU aratoires. La déclaration du 24 mars 1597, et Tordonnance du 4 août 1 598 sur le port d'armes, le garantirent à l'aveoir contre les Bévices et les extorsions des gens de guerre, qui, durant trente-six aus, avaient fait la désolation et la ruine des campagnes. Depuis cette ordonnance jusqu'à la fin de son règne, le roi ne se relâcha pas un seul jour de l'active surveillance et de la fermeté qui étaient nécessaires pour assurer au paysan des villages, et surtout à celui des fermes, la protection dont il avait besoin au milieu de son isolement. Pendant tout ce temps, le laboureur jouit d'une paix profonde ; il ne la vît troubler qu'un moment et sur un seul point, quand les grands rassemblements de troupes recommencèrent. En 1610, à la veille de commencer l'expédition deClèves «t de Juliers, Henri apprit que des compagnies qu'il envoyaiten Allemagne avaient pillé en Champagne quel(]aes maisons de paysans. Il dit aus capitaines qui étaient demeurés à Paris ; « Partez en diligence, donnez-y ordre, » vous m'en répondrez. Quoi 1 si l'on ruine mon peuple, » qui me nourrira, qui soutiendra les chaînes de l'État, » qui payera vos pensions, messieurs ? Vive Dieu 1 s'en » prendre à mon peuple, c'est s'en prendre à moi '. » Au milieu de ces accents du cœur, on distingue durement la voix, de la politique, plaidant pour une classe de la nation qui à elle seule fournissait alors à la France les trois quarts de ses ressources.
Le gouvernement donna au laboureur les facilités d'argent dont il avait besoin pour une bonne exploitation, en lut remettant 20 millions de tailles arriérées en 1598, en réduisant cooùdérablement sa quote part et sa cba^ par l'édit de 1600, qui remit à la taille la boui^^isie et les nouveaux nobles ; en diminuant les tailles depuis l'an
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ARGERT FOmun, FACILITES DONNÉES A L'AGRICULTURE . 177
1600, et en portant la réduction ofiBcielle à 1 millions, ta rédocticH) réelle jusqu'à 6 millions par an dans les derniers temps; en abaissant l'intérêt de 8 et 10 pour 100 à 6 pour 100, et en faisant refluer l'argent dans les campagnes.
Dans la direction et les développements que devait recevoir l'agriculture, Henri et Sully distinguèrent avec une grande habileté ce que le paysan bien guidé et favorisé pouvait faire par lui-même, de ce que le gouvernement devrait se réserver et exécuter diirectement. ils lui fournirent les moyens et les conseils nécessaires pour qu'il conservât et aiigment&t son bétail, convaincus, non sans raison, que cette aide sufBsait à multiplier les troupeaux en France. En effet, le bétail doublant la fertilité et les {Ht>duits de la terre par les engrais, et se vendant A haut {aiz, le double gain que trouvait le laboureur était un appât suffisant pour qu'il donnât ses soins à l'élève des troupeaux. La déclaration du 16 mars 1595 rendit insaiâssables le bétail et les bétes de trait nécessaires & l'exploitation ; le paysan fut affranchi de la crainte de les perdre par les poursuites, ou de les vendre en temps ino{^rtun , et dès lors il travailla avec ardeur à en accroître le nombre. Le droit et l'usage du pacage, qui foumissdt en grande partie ù la nourriture des bestiaux, lui fut facilité par l'article 37 de l'édit de mars 1 600, lequel permettait aux paroisses de racheter leurs terres communales et l'usage des terrains vaguen, au prix, en géuéral très vil, auquel ils avaient été vendus durant les troubles < . L'extension donnée aux prairiesfavorisa encore l'accroissement du bétail : le roi, apphquant en grand des idées de perfectionnement, dont nous signalerons bientôt l'origine, forma des prairies artificielles d'abord dans ses domaines, et ensuite dans diverses contrées du royaume, < Anciennes lois tranfai«es, t. XV, p. 99, SS1.
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1 78 UV. vu. CH. IT. DIRBCTION INTELLKtBHTE DONNKI A l'kdHUXLlVKe..
à partir de l'an 1600 '. Enfin, le gouvernement mit les blés et les vignes du paysan à l'abri de toute dévastation et de tout ravage, par l'article A de l'ordonnance sur la chasse, lequel interdisait au noble la chasse dans les blés depuis qu'ils étaient en tuyaux, dans les vignes depuis le premier jour de mars jusqu'à la vendange. H défendit en même temps ses troupeaux et sa bosse-cour, par l'article 6 de k même ordonnance, qui prescrivait au gentilhomme une chasse tous les trois mois, et plus souvent même, s'il était nécessaire, pour la destruction des loups, des renards, et des autres animaux malfaisants '.
L'agriculteur étant ainsi protégé et aidé, il ne s'^;issait plus que de lui donner à lui-même une bonne direction et d'imprimer à ses travaux une marche intelligente, pour qu'il fit rendre au sol tout ce qu'il pouvait dminer, et multipliât les produits dans une immense proportion. Le roi ne manqua pas à ce soin, et il apj^qua toute son autorité de chef de l'État à remplacer la pialique surannée et le préjugé, par le perfectionnement sage qui résulte de la combinaison féconde de l'invention et de l'expérience. Ici le roi parait seul, parce que les innovations qu'il projetait pour l'agriculture en général se trouvaient mâées à la culture du mûrier en particulier, aux vers à soie, aux manufactures, lesquels étaient l'antipathie de Sully. En 1 $99, tandis que Henri semblut tout occupé de ses démêlés et de sa guerre prochaine avec le duc de Savoie, il appela auprès de lui Olivier de Serres, qu'il connaissait probablement de longue date. En effet, de Serres professait le calvinisme, religion à laquelle le roi avait si longtempsappartenu ; de plus il était seigneur du Pradel en Languedoc, et il tenait un rang honorable dans le parti réformé .
> Grégoire, Ebuî hiatorique ïor l'agriculture, dan» le tome 1** de l'édiliou ie de Serrea, de l'an l8Dt, p. m. ■ Ancienoea loia rrançaiBea, t. XV, p. 348, 34B.
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