‹ Histoire du règne de Henri IVChapitre 14 sur 75 · RËSDLTATS DE CETTE DESTHUCTIDN SOUS LOCIS XIV. 20T · texte numérisé non relu

RËSDLTATS DE CETTE DESTHUCTIDN SOUS LOCIS XIV. 20T

dépenses de leurs façons : ils furent privés des béDéâres considérables qu'ils avaient jusqu'alors retirés de la différeoce entre les frais de culture et leur prix de vente.

Colbert se flatta d'empêcher que le paysan ne s'appauvrit, et que l'agriculture ne dépérit, s'il leur venait en aide d'une autre manière. D rendit aux bourgs et aux villages leurs biens communaux, leur facilita la liquidalion et le paiement de leurs dettes , les aida dans l'élève du bétail qui fertilise les terres et donne de gros gains. H diminua les gabelles dans une certaine mesure, et les tailles d'un tiers, tl rendit aux laboureurs toute la législaticin protectrice de Henri IV contre les exemptions abusives de ceu:^ qui s'étaient glissés dans la classe des privilégiés; contre les concussions et les saisies des agents du fisc; contre les frais excessifs des officiers subalternes de la justice '. Mais Colbert se trompa dans ses calculs et ses espérances. Rien ne pouvait remplacer, et rien ne remplaça la liberté du commerce des grains, et le haut prix du blé. Les vices du système de prohibition éclatèrent sur-le-champ et partout. La culture diminua en général ; elle s'arrêta presque complètement dans les terres médiocres ou mauvaises ijui exigent plus de dépenses; les défrichements cessèrent. Tous ces résultats ét^ent inévitables, puisqu'en se livrant au calcul le plus simple, l'agriculteur pouvait se convaincre que le prix des productions possibles des terrains ingrats n'équivaudrait pas à la dépense pour les mettre en valeur *. Les capitaux se retirèrent de l'agriculture, qui, par suite de l'avilissement dn prix des grains , se trouvait hors d'état désormais de payer un intérêt convenable de l'agent. Beaucoup de citoyens, qui se seraient livrés à la culture en grand

1 Mémoire de Colbert pour rendre compte >a roi de l'Élat de Bea Gaucea dans Forbonnaû, t. [, p. 56S, G69, 970. * ForboimaiB , I. 1, p. 283.

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308 LIV.VD.CH.IV.BÉSOLTITSDECETTE DBSTHUCriON SOUS LOUIS XIV.

et à la culture médiocre, désertèrent les champs, émi— grèrent dans les villes , embrassèrent les professions industrielles et commerciales plus lucratives, et y portèrent leur intelligence, leur courage, leur persévérance, en un mot toutes les qualités et toutes les vertus qui font faire les grands progrès à un art. Les seigneurs qui conservaient de grands domaines, les oégligèrent entièrement pour la cour et pour les armées. Les faits démontrent, et les aveux de Colbert établissent que des coups sensibles et profonds avaient frappé déjà le laboureur et l'agriculture, malgré les soulagements qu'il leur avait accordés. En 1675, la gêne et les privations poussaient les paysans de la Basse-Bretagne à l'insurrection. An mois de mai de la même année, Lesdiguières, gouverneur du Daupbiné, écrivait : « La plus grande partie » des habitants de la dite province n'ont vécu, pendant » l'hiver, que de pain de glands et de racines, et présen- » tement on les voit manger l'herbe des prés et l'écorce » des arbres. » L'état de la Provence, du Languedoc, de la Guyenne, sans être aussi aflreus, était très-dur. De ces cinq provinces l'indigence se répandit de proche en proche dans toutes les autres comme le prouvent le dicton et le rébus populaires : a J'ai souvenance de la souffrance qu'a » soufferte la France sous Golbeii.. n Le langage du ministre ne différait guère de celui des populations. Dans son Mémoire pour reudre compte au roi de l'état de ses finances en 1679, il disait : « Nonobstant tout ce qui a été « feit, il faut toujours avouer que les peuples sont îœt » chargés. » Dans le projet de budget pour 1 6S 1 , il ajoutait : « Ce sur quoi il y a le plus de réflexion à faire c'est » la misère très-grande des peuples. Toutes les lettres qui » vienaent des provinces en parlent, soit des receveurs » ou auti-es personnes, même des évêques *. » Tel était le ■ LeUre \» de M— de SéTÏgDé, t. IV, p. 1(6, 1(7 de l'édilian de

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