SUITE US RÉSULTATS 90U8 LOUIS XIV
potDt auquel la grave erreur de Cktlbert avait amené les choses : sous 'lui l'agriculture avait dépéri et a'élaît affaissée. Les historiens du règne de Louis XIV et les économistes ont signalé cette faute en disant : « C'est la D seule tache de son ministère, mais elle est grande. » — M . Colbert avoit embrassé sur les grains un S3rstème n destructif du labourage ' , »
Après sa mort, le mal s'accrut prodi^eusement. Les soulagements qu'il avait ménagés aux campagnes furent retirés : à mesure que l'imposition augmentait, que les privilèges abuâ& se multipÛàiént, tous les vices de l'arbitraire renaissaient et se faisaient plus vivement sentir *. La liberté du commerce des grains qui aurait netralisé le mal n'était pas rétablie ; le régime prohibitif, auquel il avait soumis l'agriculture , lui portait le dernier coup. En retraçant à grands traits l'état général des campagnes, et l'influence de cet état sur les .destinées du. pays, nous nous occuperons spécialement de la prohibition et de ses effets sur l'agriculture. Le K septembre 16tf 3, le règlement pour la police des blés dans le royaume soumit les détenteurs de grains à des visites domiciliaires, à l'obligation (l'en apporter la moitié aux marchés publics et de les livrer au prix fixé par les autorités locales : c'était^ maximum. Le 32 juin 1 694, une déclaration portait défenses d» faire aucuns achatsou marchés de grains en vertou surpied. Le 22 décembre 1 69 8 paraissait une autre déclaration contenant défensesd'exporter aucuns froments, méteils, seigles, avoines et autres grains, sous peine de mort, et de confisca-
HH. Uoumerqué et Rëgoiet. — Mi^moire de Colbert adressé au roi, du)4 Forboanaid, t. I, p. 570. — Punr le» autres UocniDeot) et citations cootenues dons ce paragraphe, Toir M. Bomiemëre, Hist. de» Hjauia, t. II, p. Si, i», 90, M, SB. — M. Doniol, Hiat. des clasww nmlea, p. S78.
> Vollaire , Siècle de Loula XIV, ch. 30, 1. XIV, èdit. Lflèrre, 1817. — Forbonoais, 1. I, p. *97,
' Porbomiaia, t. I, p. S62.
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SlO UV, vil. CB. IV. BUITE DES RÉSULTATS S0U8 LOUIS XK.
tion ' , Celte même déclaration montre qu'il n'y avait trèsrare permission de vendre les grains hors du royaume, quedanslesannéesd'une fécondité exceptionnelle, et quand littéralement on ne savaitqu'en faire. Sous te poids d'un régime qui livrait l'agriculteur aux exactions et aux rigueurs de tous les agents du fisc ^ ; sous l'empire d'une législation qui lui défendait de placer les produits de soa travail chez l'étranger, d'en tirer le prix qui lui aurait permis d'acquitter les impôts dont il était écrasé, et de garder le nécessaire, le paysan passa de la gène et de l'appauvrissement à la plus affreuse détresse; l'agriculture du malaise et du déclin à la plus complète décadence ^. BoisguiUebert, dans le Détail de la Fraitce, Vauban dans la Dixme royale et dans la préface de cet ouvrage, Fénelon dans sa Lettre anonyme à Louis XI V, Saint-Simon dans ses MéjnoireSjOnttracé le véridique et lamentable tableau, nonseulement de la situation de ta France eu général, maisde la situation de l'agriculteur et de l'agriculture en particulier, et l'on conçoit à peine comment ils purent 3ul>sister et vivre, même de la vie la plus misérable. Les conséquences d'un pareil état de choses furent ce qu'elles devaient être. En ce qui concerne l'alimentation publique dans la dernière partie du règne de Louis XtV, les blés que l'on avait retenus dans le royaume, pour assurer, croyait-on, les subsistances, les blés manquèrent, par la grande raison que le paysan n'avait plus que les
' RecueU des Aac. lois trançoises, t. XX, p. 19a, 199, m, SSe,
SU, lïS.
» Vaubon, Dixme royale, p. 16S : « Des ageDls employés i la Icvéi; ■ de» reieouï, de cent, il n'y en a pas an qui BOit lionnéte, et hors B /e fer e( le /eu , il n'y a rien qi^on ne melle tu uuigt pour riduirt U ■» peuple au pillage univeriet. » CilalioQ déjà donnée par M. Bonnemérc,t. II, p. lus.
* Forbonnais, t. I, p. Mi; t. Il, p. 373, pour la période enlre 1683 et 171S, et cela d'après l'autorité des uuteura conte mporaina, dont on va trouver lea Doms dans le texte.
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ET as L'AGRlCULTUnE AU X*lll* SIÉCLC. 211
moyens lesplusrestreintSj l'intérêt le plus exigu à eD{HV>dnire. De 1698 à 1715, le pays soufirit une disette continaelle, qui parfois alla jusqu'à une épouvantable famine. Trenie-sis ans s'étaient écoi^és entre 1661 et 1697, époque de la paix de Ryswick. Si dans cette longue période de prospérité extérieure pour la France, d'une part la liberté du commerce des grains et des autres produits agricoles, d'une autre les protections que Colbert arait rendues au laboureur et à l'agriculture contre leurs ennemis intérieursavaient été maintenues, u'est-il pasévident que le paysan serait parvenu soit à l'aisance, soit du moins au bien-être ; que l'État se serait prodigieusement enrichi, comme il était arrivé sous Henri IV? N'est-il pas clair que la France, avec cette provision de ressources, aurait traversé sans inquiétude pour son existence, sans graves embarras pour sa nourriture, les revers de la guerre de la succession, et les désastres de l'année 1709? Au lieu de cela, elle eut un pied dans l'abîme, et, comme on Ta dit avec justesse, elle arriva a à ces extrémités » qui semblent annoncer la chute des Ltats ' ? »
Si l'on considère l'état général des campagnes, non plus pour la fin du règne de Louis XIV, mais pour une longue période, on reconnaît avec tristesse que l'agriculture, livrée exclusivement à la classe qui ne pouvait faire autre chose, au paysan pauvre, ignorant, routinier, privé de la force nécessaire pour les travauxles plus continuset les plus rudes, que l'agriculture déchut complètement en.France. La succession des témoiguages historiques lesplusdivers permet de suivre pas à pas cet état de décadence. Le jurisconsulte Boutaric qui mourut en 1733*, et quiâé"
* ForbonnaU, t. II, p. 37S.
■ Le juriacoDBnlte BoulATic mourut à Toulouse le S octobre 1733. hfi ouTrages qn'il avait taiesés manuBcrlts et en graad sombre ne tarent imprimËH qu'après aa mort. (Biogr. uniT. de Uichaud , t'* idil-, t. IV, p. 401.)
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313 LIV.TII. CH. IV. LES PAVSUfS ET L'AGRICULTtlRE AU XVUi* SIECLE.
poee pour le temps de la régence du duc d'Orléans et pour la première partie du ministère du cardinal de Fleury, dit dans l'un de ses ouvrages ; « Que ceux qui ont imaginé » que, pour rendre le paysan docile, il fallût l'écraser, » doivent se féliciter de voir leurs idées si bien remplies ! » Grâce àTindustriede ceux àquiresécutiondece système B a été confiée, les laboureurs désertent tous les jours dos » hameaux, nos villages, ou y périssent prématurément , » accablés sous le poids de la misère et du travail. Ceux » qui survivent, D'offrent que des visages b&ves et lan- » guissants. b En 1740, Massillon écrivait au cardinal de Fieury : « Les peuples de nos campagnes d'Au- » vergue vivent dans une misère affreuse, sans lits, » sans meubles; la plupart même, la moitié de l'année, » manquent de pain d'orge ou d'avoine qui tait leur » unique nourriture , et qu'ils sont obligés de s'ar- » racher de la bouche et de celle de leurs enfants » pour payer leurs impositions.... Il n'y a pas de p peuple plus pauvre et plus misérable qne celui- ci. » II l'est au point que les nègres de nos îles sont infi- » niment plus heureux ; car en travaillant ils sont nourris n et habillés, eux, leurs femmes et leurs entants ; au lieu V que nos paysans, les plus laborieux du royaume, ne » peuvent, avec le travail le plus opiniâtre, avoir du pain . » poureuxetpourleursfamiUesetpayerleurssubsides. » Dans la généralité du Limosio, voisine de celle d'Auvergne, la condition du paysan n'était pas meilleure, comme le prouvent les renseignements déplorablement pareils fournis par Turgot quelques années plus tard. En 1745, le duc d'Orléans, fils du régent, montrant à Louis XV du pain de fougère, lui disait : «Sire, voilà de quoi vos sujets » se nourrissent ' 1 » Entre la condition du paysan et
' Ces faiU et ces citations sont donnés par U. BoDDemére, HUU desPayrans.t. lV,p. tl(, 163-16t.
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BT L'AGRICULTURE AU XVllI* SIÈCLE. SI3
l'état de la terre, il y a coDnesioD iDévitable et étroite. Cent cinquaDte ans après Henri IV el Sully, l'agriculture était moins avancée qae de leur temps. Un juge tout à fait compétent par ses connaissances spéciales, et complètement désintéressé en sa qualité d'étranger, l'Ecossais Patulo, auteur d'un Essai sur l'amélioratioa des terres, comparant l'agriculture ftançaise à la fin du xvi* siècle, d'après les renseignements contenus dans l'ouvrage d'Olivier de Serres, avec l'agriculture française au milieu du zviu* siècle, d'après ce qu'il voyait et observait en 1738 , prononçait que l'agriculture du temps de Henri IV était supérieure à celledu règne de Louis XV*. Indépendamment de cette appréciation générale faite par mi étranger, les auteurs nationaux fournissent, sur les détails et sur des points particuliers, des renseignements indicateurs de tadécadencede notre agriculture. En 1758, époque où il publiait son ouvrage, Forbonnais signalait la dépopulation des campagnes, l'exploitation agricole bornée à la plus stricte subsistance du laboureur, la diminution progressive en France du bétail qui peut seul féconder les terres, depuis la mort de Colbert jusqu'au milieu du xviii* siècle. Sans méconnaître les autres causes de ces maux, il signalait avec raison comme cause principale la suppression de la libre circulation et du libre commerce des grains, et comme conséquence la suppression des bénéfices que l'agriciilteur en retire, bénéfices indispensables à son nécessaire et à son bien-être, à l'achat et à la pro|tagation des bestiaux ^. BufFon, qui publiait
' Pilulo, Essai sur l' amélioration dea terras, cité dans l'Eli^ge de àe Serres, p. ïl.
■ ForbonnaU, t. 1, p. tBl-S99, SSl. — On a avancé récemment, uns aDcan fondement, que Forbonnais dans «es Obiervaliom aco- «omiquet , imprimées en 1767, avait modifié le« opinions émises par lut dans m Recherchts et considéralioni lur la fituaica de Franc» , pobliéeB eo 17B8. On & sjaulé qae Ion de la composition des Obaer-
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2U LIV.VII.CH.IV. LES PAYSANS F,T L'AGRICULTURE AU XVlll* SIÈCLE.
son histoire naturelle de 17i9 à 1767, peignait avec des couleurs aussi rembrunies la condition des gens de la campagne *. La législation et les Mémoires du temps fournissent la triste preuve de la vérité et de l'exactitude de leur exposé. Dans la période écoulée de 1715 à 1758, pour que les terres ne restent pas eatièrement en friche, le gouvernement est contraint de distribuer le travail d'autorité par ses édita; d'arrêter le travail des constructionsetdes manufactures pour le reporter aux labours et aux moissons ; d'interdire la culture des vigues pour laisser plus de place et de bras à celle des grains. Ces mêmes édits montrent que les' campagnes ne fournissent plus qu'un approvisionnement insuffisant aux marchés des villes en laitage et en viande : il faut rendre d'abord l'entrée des Fromages et des beurres de l'étranger entièrement libre ; il faut ensuite abtùsser du tiers les droits sur le bétail étranger. Pendant cette même période, on voit par les
vatioD» cecoDoiniqDeii, il s'était complètement dégagé 4ea fausses donuéed de Boiâguillebert, et du jugemeul qu'il avait porté lui-même Eur l'admiDislration do ColbRrt en ce qui concerne l'agrîcultuie. Il sumt de lire le^ deux ouvra^jes avec quelque atteoLioa poiir se coa- Taincre que dani le^ Observations, Forbonnais n'a rétracté en rien ce qu'il a avaacé dans les Recherches, au sujet de la faute coiuroi^o par Colbert relativement à l'agricntiure , faute démoutrée, comme on l'a vu plus haut, par les aveux du miniitre lui-même. En ce qui loucbe i Boisgui Hébert, Forbonuais se borne, t. Il, p. 3SS, H dire, et à dire avec raison , que pour établir la situation en I7ii0 , on aurait tort de prendre les calculs faits pnr BoisguiUebert pour établir la si' luatiOQ en 1701. Voici ses paroles: a Quand même l'auteur du Tailtau B ceconomigae auroit cru devoir, par honneur pour la mémoire de son u compatriote, se cooSer à sra calculs, peut.é'.rc auroitil dit, par Il amitté pour ses contemporains, examiner si lu situalion de toutes H (.bosps éloit la mémp en ITGO qu'en liai, temps où le sieur deBols- II guilberl (sic) écrivoit. i> Quant aux données fournies par Boisguîllebert, snr l'élat de l'agriculture à la &n du règne de Louis XIV, comme elles sont conformes h celles qu'on trouve dans Vaubaa , Fénelon, Saiut-Simoa, le Mémoire ds Colbert, nous les tenons pour très-exactes.
' On trouvera ci-dessus, page 199, la citation.
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ÉTAT DES FORÊTS AVANT LES ÉDITS DS HENRI IV. fIS
Mémoires que la disette ne quitte plus les campagnes, et elle dégénère en famine dans tes .années 1740, 1741, 1742, 1745 '.Quand à la findurègQedeLouisXV,les efforts des économistespréparèrentde meilleures destinéesà l'agriculture,leurs doctrines,en ce qu'ellesavaientde plus général, se bornèrent à faire revivre le grand principe de Henri IV et de Sully, la liberté, qu'ils ne parvinrent même à faire triompher que momentanément. D'où il résulte que dans une partie capitale de l'économie politique, dans ce qiii concerne l'agricullnre, c'est-à-dire la force même et la première ricbesse des btats, Henri IV et Sully surpas^ sèrent infiniment Louis XIV et Colbert en lumières et en sage hardiesse ; qu'ils imprimèrent à l'agriculture un mouvement puissant, prolongé durant plus d'un demisiècle ; qu'au bout de ce laps de temps, ce mouvement , entravé par la destruction du commerce des grains et la nouvelle misère des campagnes, s'arrêta tout à coup pour cent ans ; qu'il ne se ranima plus tard que quand une aise violente, et bientôt révolutionnaire, vint remplacer les perfectionnements modérés, mais incessants, que les inhabiles successeurs de Henri n'avûent pas su continuer.
§ 2. Forêts : édils sur la chasse. Marais. Mines.
Retournons à ce grand règne et à ses travaux. L'administration forestière ne présentait pas moins de vices, n'appelait pas une réforme moins prompte et moins radicale que l'agriculture et les finances. Là encore les guerres civiles et le renversement de l'ordre public avaient atteint et attaqué les principes de la prospérité nationale. Les forêts de l'Etat avaient été marquées pour la destruc-
' .M. Donîol, p. 39fi , tOO. — M. Bonnemère , p. tel-
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316 LIV. VII. CH. IV. HÉFOnHE POUR LE HÉGIHB DES FORÊTS DU DOHAlrlB.
tion, l'anarchie y avait porté la hache, et si !« gouveraement ne se hâtait d'arrêter son action destructive, il ne devait plus trouver hientdt que des débris sur un sol dépouillé.
Les bois et les forêts des particuliers reatraieot dans l'exploitation du sol et dans l'agriculture en général ; mais là, l'iatervention de la royauté était indirecte et restreinte. Aussi toute l'action du gnuvernementde Henri IV Burcettepartiedelafortune publique se boma-t-^lle à l'énergique protection qu'il accorda aux propriétaires, aux exemplea qu'il leur donna lui-même dans la sage administration de ses forêts, aux conseils qu'il leur fit donner par l'oi^ane d'Olivier de Serres.
Mais pour les forêts du domaine, Henri et SuUy comprenaient et disaient qu'elles formaient l'une des branches principales des revenus publics, et l'une des grandes ressources de la nation ; que, de plus, elles intéressaient particulièrement la marine nationale. En conséquence, ils soumirent la culture et l'exploitation de ces forêts à des règlements nombreux, précis, longtemps médités et élaborés. En 1596, elles étaient devenues la proie de tout le monde, des pauvres et des riches du voisinage, des officiers et des employés préposés à leur conservation. Les uns y prenaient de quoi se chauffer et de quoi bâtir, les autres fraudaient le trésor royal sur le prix réel auquel les bois étaient vendus, et multipliaient les coupes de bois de haute futaie. Les forêts du domaine, déjà ruinées, étaient menacées d'une prochaine et totale destruction. Par deux premiers édits rendus à Folembray au mois de février 1596, et à Rouen au mois de janvier 1597, le roi réduisit le nombre excessif des officiers, restreignit dans des bornes étroites les usages et les chauffages concédés aux particuliers, et surtout les coupes des bois de haute futaie. Par l'ordonnance du mois de mû 1597, il régla les
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sméDagemeots, les ventes et adjudications, la police entière des forêts. Il remit en vigueur la surveiÛance des simples employés par les officiers supérieui^. Il réprima les délits de tous les agents de l'autorité, ainsi que les fraudes et les associations illicites des marchandit, les coupes et soustractious des jeunesarbres et baliveaux par les particoUers. L'ordonnance remédiait au mal principal, à la cause la plus active, de destruction ' ; mais pour que la sauvegarde des forêts du domaine devint entière, l'ordonnance avait besoin d'être complétée par plusieurs mesura accessoires. «
Les édits sur la chasse du mois de juin 1601, et du mois du juillet 1607, forment, par un côté considérable, le complément des ordonnances sur les forêfs. Ces actes législatif ont été fort mal compris, et plus mal jugés, s'il est possible, par quelques historiens modernes. Il est très vrai que, dans ces édits, on lit que la chasse doit être réservée au roi, aux princes, à la noblesse, et que cet exercice est interdit aux roturiers. Il est vrai encore que dans la nomenclature des peines prononcées contre les délits de chasse, on trouve, après l'amende, le fouet et les galères pour six ans*. Ces dispositions conservent évidemment quelques restes des préjugés du moyen âge, que le temps et les progrès de la raison n'avaient pas encore détruits. Mais il est ridicule de supposer que le plus doux et le plus clément des hommes ait été cruel même une seule fois dans sa vie, et que le plus éclairé des rois ne se soit inspiré dans deux édita que des idées d'un gentïllâtre de pro-
' Anciennes lois fraD^aises, t. XV, p. 141-163.
'Eilit général enr le fait des chassce, juin IGttl, articles 11, IS, 14, dus PoDianon, t. II, p. 3S7 el auivantee; dans les Anciennes loia rnoç., t. XV, p. 350. — Nous ne parlons pas de la peine de mort, dont il eel quedtioD à l'article 14, parce que cette peine est portée Don contre les coupables des délits de chasse, mais contre les nulfiilenn coupables de délits de chasse, qui oui enfreint leur ban et M sont sauTée des galères avec récidive.
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